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Jeudi 24 avril 2003 - 21:19
To love you love you love you love you love you
Ambiance: pas un bruit, à part un bourdonnement persistant au niveau des oreilles
Lieu: le canapé (plié)

Ce soir, activité culturelle. Pour être plus précis, un concert. Pour être encore plus précis, un concert au Zénith. Et pour être vraiment très précis, un concert de Massive Attack au Zénith. A priori, ca peut faire très peur, connaissant la taille et l'accoustique de cette salle, située en plein milieu du parc de la Vilette, dans le 19è arrondissement de Paris, et pouvant quand même accueillir plus de 6000 personnes.

Nous avons eu la chance d'être extrèmement bien placés, juste derrière la console, donc à priori l'endroit où l'accoustique est censée être la meilleure. Impatience, la première partie débute.. Une Dot Allison bien faible, provoquant des débuts de discussions de gens déçus un peu partout dans la salle, en particulier chez les boulets-bobos qui, comme d'habitude, tombent pile derrière nous. S'ensuit une demi-heure de "on se demande ce qu'on fout la", puis plus rien. Une nouvelle demi-heure sans rien pendant laquelle on a pu écouter un superbe fond sonore basé sur un CD de... Massive Attack.

La tension monte...

Ca s'excite, ca s'impatiente, ca siffle, ca crie, ca roule dans tous les sens.

Enfin, le début. Un Future Proof, sur un fond de matrice renouvellée. Une demoiselle se lève, se colle en plein milieu de l'allée, et se met à onduler dans une espèce de transe étrange. Elle ne s'arrêtera pas. La tension continue à monter, l'émotion des spectateurs devient directement et lourdement palpable dans l'air. L'étonnement se fait sentir lors de la projection de slogans anti-guerre sur fond de textes en arabe sur l'espèce de matrice massive. "Mais où sont les armes de destruction massive?", "Cette guerre était-elle vraiment nécessaire?"... On continue, sur Everywhen, Risingson et Black Milk.
Il commence à faire (très) chaud, je me rends à peine compte du monde qu'il y a... 5000 âmes hypnotisées.
Puis Angel. Emotion au maximum, toute la salle en transe. Au premier "To love you love you love you...", explosion. Autour de moi, certains s'effondrent, d'autres se relèvent brusquement, pendant que d'autres fondent en larmes. Les plus calmes deviennent subitement pris d'un étrange besoin, parfaitement irrésistible, d'onduler au même rythme que les (très, très, très) bonnes basses qui font vibrer toute la salle. Je me sens "différent", bouleversé, saisi d'une étrange envie de laisser s'échapper quelques larmes. Ca arrive à tout le monde. Suivent Special Cases, Butterfly Caught, Hymn of the Big Wheel. Vient un Teardrop massacré, clairement pas aussi bien interprété que l'original. Name Taken, nouvelle transe. Puis Mezzanine et Inertia Creeps, suivi d'un excellentissime Safe from Harm sur fond de statistiques globales et de slogans anti-mondialisation. Je ne dévoile pas le secret, c'est à voir par soi-même. Attention aux chiffres, attention au son.

Toute bonne chose a une fin.

RESTART?

Et un rappel, trois titres qu'on aurait souhaité interminables, Antistar, Unfinished Sympathy et Group Four.

La fin, définitive cette fois ci. Wow. Concert marquant, une ambiance parfaitement inoubliable. Du même gabarit qu'un Pink Floyd vécu dix ans plus tôt. J'ai envie d'y retourner demain. Et après-demain, tant qu'à faire.
Seule reproche: l'abscence étonnante de Dissolved Girl.

Liens: site du groupe, de la tournée.

(et non, je n'ai pas une si bonne mémoire, les forums officiels ont beaucoup aidé pour reconstituer la tracklist, qui ne change à priori pas pendant la tournée)

Prochains sur la liste, si les finances et l'envie suivent: Goldfrapp, Amon Tobin, Ben Harper et Placebo.
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