| Un peu de... toi | |
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Dimanche 18 janvier 2004 - 21:03
Weblog décousu, acte II
Le soleil est rare...
Bon.. Finalement sorti le portable, vive le train. Oh, un confrère maqueux en face ! Sourire du coin de l'oeil (?). Me voila face à presque trois heures de tranquilité sonore et cérébrale tant attendues, que je compte bien mettre à profit pour écrire, mettre de côté la sacro-sainte compta-en-retard-à-finir-pour-lundi (qui n'est finalement même pas sortie de son sac), juste prendre un peu de temps pour moi. Aplatir certaines choses, en clarifier d'autres. Retour rapide sur la veille, message sans réponse, solitude finalement pas si déplaisante. Maintenant, essayer d'oublier la distance prise par ma créatrice, l'incompréhension, les contradictions, les «dialogues» du type : > Oh, tu as vu, il y a quatre chenilles processionnaires dans l'arbre en face ! D'ailleurs, il me gache la vue, cet arbre, mais je ne peux pas l'abattre ! Et tu as vu le chat roux ? Il lui manque un oeil, mais il est beau et affectueux ! Tu as vraiment tout compris. Retour sur l'après-midi, passée à réinventer le peer-to-peer, en y ajoutant un déplacement et un contact physique : je me promène toujours avec de quoi laisser un peu de musique aux gens que je visite. Faites votre choix, ne m'oubliez pas, et souvenez vous de moi en écoutant de la musique qui vous plaît, et vice-versa. L'occasion de prendre avec moi un petit bout d'une tant attendue intégrale Gainsbourgienne, tous ces petits riens, les dessous chics, et Manon. Cet alcoolique-la a quand même bercé mon adolescence... Du Pink Floyd dans les oreilles, les yeux dans Libé. Un message : Je t'aime. Sourire. L'idée que ma douce ait pu écrire ce message me traverse l'esprit. C'est si générique, si commun, certainement partagé par des milliers de personnes à l'instant ou j'écris ces mots, mais aussi tellement adapté aux émotions présentes, et aussi, entendu deux jours plus tôt. De quoi penser à ce qui m'attend dans maintenant moins de deux heures, à l'arrivée : complicité retrouvée, certitudes égarées, ou plus que jamais... certaines. Éloignement et distance bientôt perceptible, extrème tendresse (Amour) toujours présente, séparation qui n'en est pas une, amertume et solitude partielle en prévision. Mais, et si c'était vraiment elle ? Et puis merde, comme tu dis, tant de pages se tournent, tant de choses bougent d'un coup... Je peux aussi me demander où tout ca peut nous mener. Rapide analyse. Le présent ? Une nouvelle situation professionnelle, un nouveau rythme de vie, un tout récent détachement par rapport à ce qui a dirigé mes pensées pendant ces cinq dernières années, la fin d'un procès de deux ans, aussi fatiguant financièrement que psychologiquement, un peu d'air ! Aussi, un Deuil, plein de projets enterrés, les autres enfouis au fond du carton à idées. Le futur ? Un nouvel espace, l'esprit bientot presque libre pour faire le point sur pas mal de choses, des relations intra-couple à la manière de se tenir en société et d'entretenir et de faire évoluer ses réseaux. Aussi, de gros besoins de tendresse (qui a dit calins?) et de séduction(s) en perspective. Apprendre à donner (un peu plus), aussi. Et à essayer de parfois apercevoir la lune, et non le doigt. Rapide retour sur une petite réfléxion sur les clans et les rencontres, sur l'après-sensation d'avoir été au mauvais endroit, un peu au mauvais moment, d'avoir profité de l'instant présent l'air de rien... L'impression de m'être mis dans une démarche radicalement opposée à ce qui était attendu : dur d'arriver au milieu de gens statistiquements et mathématiquement [presque] tous inconnus, pourtant si semblables, dont je suivrais maintenant avec grande attention les élans virtuels, pendant que les autres se connaissent déjà, par ces mêmes élans virtuels, et cherchaient plutot à mettre des visages sur des noms. Fatalement, ca vient remettre en cause une certaine notion de confiance en soi, de naturel, de capacité à se montrer tel qu'on est, à supporter le regard et les jugements de l'autre sans s'assombrir d'un coup en y pensant. La première impression est toujours celle qui reste, le problème est que je ne sais absolument pas ce que j'ai bien pu laisser derrière moi. Peur, justement, des premières impressions, des procès d'intention, des jugements, des préjugés. Le souvenir d'une conversation aussi surnaturelle qu'évidente et nécessaire avec une Toulousaine aussi inconnue qu'esseulée et sure de ses maux me revient à l'esprit, je la comprends tellement maintenant... Tiens, interrompu par une demande de peering Bluetooth. C'est fou tout ce qu'il peut se passer dans un train... Mais, dites, cher voisin d'en face, vous pouvez communiquer oralement, le passage par un réseau informatique, même «de proximité», n'est pas la seule alternative quand vous êtes à moins de 10 mètres de quelqu'un ! Ah, vous vouliez du feu ? Hmm, encore interrompu, par un controleur un peu flemmard. Je n'aurai pas mon amende, voila qui ne va pas motiver à ne plus systématiquement oublier ma carte «jeune». Ca reste entre nous. Oui, Monsieur, dites le aussi aux dix personnes autour. Et merci. Et vive le Sud. Voila, j'ai dit à peu près tout ce que j'avais en tête. Vient le moment de retourner à ce bouquin terriblement addictif : une étude sociobiologique (et anglaise) des relations intra-couple, et des différences naturelles entre hommes et femmes, emprunté lors de l'échange de livres du vendredi (à sens unique pour ma part, à mon grand regret, désolé, 'prochaine fois). Pris sans autre apriori que «à l'origine, les hommes ramenaient à manger pendant que femmes tenaient le foyer», le contenu est complet et argumenté, présenté avec humour, et explique, décortique, apporte un point de vue scientifique sur un nombre impressionnant de scènes courantes d'incompréhensions mutuelles et de petits accrocs et énervements que toute personne ayant déjà partagé son quotidien avec quelqu'un a déjà du vivre au moins une fois. ... mais le bonheur aussi.
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