Un peu de... toi
I was alone,
falling free,
try my best
not to forget


liens
accueil
7è ciel(s)
mail

recherche


radio.blog
décembre 06
archives

archives
Janvier 12
Juillet 09
Janvier 09
Octobre 08
Août 08
Juillet 08
Mai 08
Février 08
Janvier 08
Novembre 07
Septembre 07
Juillet 07
Juin 07
Mai 07
Avril 07
Mars 07
Février 07
Janvier 07
Décembre 06
Novembre 06
Octobre 06
Septembre 06
Août 06
Juillet 06
Juin 06
Mai 06
Avril 06
Mars 06
Février 06
Janvier 06
Décembre 05
Novembre 05
Octobre 05
Septembre 05
Août 05
Juillet 05
Juin 05
Mai 05
Avril 05
Mars 05
Décembre 04
Novembre 04
Octobre 04
Septembre 04
Août 04
Juillet 04
Juin 04
Mai 04
Avril 04
Mars 04
Février 04
Janvier 04
Décembre 03
Novembre 03
Octobre 03
Septembre 03
Août 03
Juillet 03
Juin 03
Mai 03
Avril 03

syndicate


ailleurs
dali
duplex
junko
l'excentrée
la grange
maaa
malabarprincess
midget
odysseus
smoking
kills

vari(ati)ons

pas loin
404bnf
60millions
acathodique
artefact
bonk
cali
cha
childish
teen

dew
fleur
freaky
doll

fsens
henrisson
homonyme
impair(e)
kwyxz
matthieux
menstruel
mir
monierza
nacara
ol/lo g
oni
polly.p
pouic
sparkling
sskizo
theo
uname
yoda
zazon
zoya

pour les yeux
84
bluejake
carte
blanche

chromasia
d.d.o.i
décadence
de ci, de là
dpov
elle
grey
expectations

interesting
@flickr

joe's
nyc

jr
kawaii
nostalgika

kea
mareen
fischinger

mute
northern
exposure

olive
olivier j
open eyes
overshadowed
photo+
addiction

shazeen
samad

slower
staring
@ the sun

steal
pictures

the bitter
*girls

un jour
à paris

widelec
wysiwyg

à écouter
aurgasm
buscate
un novio

candy
cane

comiteacute;
central

concerts
à emporter

copy,
right?

dfa
for robots
green
i was
there

mort
aux jeunes

palms out
sounds

really?

favoris
lecteur RSS
ascreen
blog à part
un blog par jour
le blog fun
MindFood
@myspace
tripHop
image très drole
 

admin




Mercredi 25 février 2004 - 18:23
Et un mail, un
Reçu ce soir, je ne résiste pas à la tentation de simplement le copier-coller...

PERBEN II : ça peut vous arriver, par la Conférence du Stage du Barreau de Paris

Vous aimez votre femme et votre femme vous aime. Vous avez eu ensemble trois enfants que vous adorez : Julie, Julien et Juliette. Julien vient d'avoir 16 ans. C'est un garçon rieur, heureux de vivre, un peu turbulent au lycée, mais que les professeurs trouvent sympathique. Parmi ses nombreux amis, deux sont pour lui comme des frères : Arnaud et Arthur.
Ils forment à eux trois une inséparable bande de joyeux drilles, connue dans tout le lycée.
Vous ignorez seulement que, le mois dernier, Julien a connu une grave déconvenue : le professeur de biologie, Monsieur Bubard, lui a attribué un 2/20 pour " copie trop sale ". Votre fils l'a ressenti comme une profonde injustice, ainsi qu'Arnaud et Arthur. Ensemble, après avoir longuement réfléchi, ils ont trouvé le moyen de venger Julien. Monsieur Bubard se rend chaque jour au lycée en bicyclette. Il range son vélo dans un local non fermé mais surveillé depuis la grille d'entrée par Paul, gardien depuis vingt ans, dont les siestes sont légendaires.

Une semaine après la fameuse copie, notre trio passe à l'action : Arthur fait le guet pendant que Julien et Arnaud s'emparent du vélo. Ils escaladent ensuite la grille pour le cacher dans le jardin de Roselyne Lajoue, retraitée. L'exploit fait grand bruit. Julien et ses acolytes, galvanisés, décident de ne pas en rester là, le local regorgeant d'objets de convoitise : deux jours plus tard, ils réitèrent avec la trottinette électrique du professeur de mathématique et la bicyclette rose de Madame le Proviseur. Celle-ci, furieuse, mène alors l'enquête, en toute discrétion. Ses soupçons se dirigent rapidement vers votre fils et ses amis. Plainte est déposée pour vol. Vol en bande organisée, précise la police : la loi

Perben II peut s'appliquer.

Trois jours plus tard, un jeune homme souriant aborde votre fils à la sortie du lycée. Il lui montre une camionnette spécialement aménagée et lui propose, en cas de besoin, de transporter gratuitement tout engin à deux-roues. Julien est étonné. Le jeune homme le rassure, l'invite à prendre un café et lui offre finalement un téléphone portable : " appelle-moi ! ". Cet homme est un policier, habilité par Perben II (nouvel article 706-81 du Code de procédure pénale) à se faire passer pour complice ou receleur des infractions. Il n'a pas droit d'inciter au délit. Mais il peut mettre à la disposition des personnes suspectées tous les moyens dont elles rêvent (juridiques, financiers, transport, hébergement, télécommunication : nouvel article 706-82).

Votre fils, très excité, appelle de son téléphone tout neuf ses camarades. Le lendemain, décision est prise de profiter de l'aubaine : on demande au jeune homme de déposer le butin près du stade de foot, histoire de prolonger le plaisir. Le lundi suivant, à 18 heures, Julien n'est pas rentré à la maison. Votre femme s'inquiète, Julie et Juliette le cherchent.
18h30 : le téléphone sonne. C'est la police. Julien est au commissariat en garde à vue. Comment ? Qu'a-t-il fait ? Vous ne dormez pas de la nuit, vous espérez à chaque heure que votre fils va être relâché, vous voulez comprendre. Le lendemain, un avocat de permanence vous apprend que Julien va bien, mais il ne peut vous en dire plus. Une première journée passe, puis une deuxième nuit. C'est un cauchemar. On se réveillera. Mais mercredi matin, l'avocat vous avoue que, depuis la loi Perben II, la garde à vue peut durer 96 heures, même pour les mineurs (nouvel article 706-88 du Code de procédure pénale). Vous imaginez votre Julien au commissariat pendant quatre jours et quatre nuits, interrogé le jour et réveillé la nuit.

Mercredi, l'attente devient infernale. A 20 heures, quatre hommes sonnent à votre porte. Ce sont des agents EDF qui viennent relever les compteurs. En un clin d'oeil, les voilà dispersés dans tout l'appartement, l'un d'entre eux restant en votre compagnie pour vous occuper. Ils repartent cinq minutes plus tard, sans vous avoir fait signer le moindre bon. Vous êtes étonné, mais vous avez d'autres préoccupations en ce moment. Pourtant, ces hommes viennent d'installer chez vous suffisamment de micros et de caméras pour tout connaître de votre vie de couple et des discussions entre Julie et Juliette. Ils en ont le droit depuis Perben II (nouvel article 706-97 du Code de procédure pénal). De toutes façons, vous étiez déjà sur écoute (nouvel article 706-96).

Les journées de jeudi et de vendredi sont les plus atroces de votre vie. Julie et Juliette ne sortent pas de leurs lits. L'école appelle, vous lui raccrochez au nez. Votre femme passe de l'hystérie à l'hébétement. Vendredi 17h15 : Julien sort enfin de garde à vue mais il est, dans la foulée, déféré devant le juge d'instruction qui met Julien en examen, les faits étant avérés. Il demande à son collègue le juge des libertés et de la détention de placer votre fils en détention provisoire. Le magistrat accepte : il entend, lui aussi, lutter efficacement contre l'insécurité en ville. Julien est en prison, pour plusieurs mois peut-être. Vos filles s'enferment dans un profond mutisme.

Mardi, trois heures du matin. Voilà une semaine que vous ne vivez plus. Vous êtes endormi sur le canapé, une bouteille de blanc à la main. Une sonnerie stridente vous réveille soudain : vous vous traînez jusqu'à la porte d'entrée que vous ouvrez. Cinq policiers s'engouffrent chez vous. Pendant deux heures, ils retournent l'appartement, crèvent les coussins, vident les tiroirs. Cette perquisition en pleine nuit (nouvel article 706-91) a du bon : elle permet enfin à la famille de se retrouver, vos filles et votre femme s'étantblotties autour de vous dans le canapé. C'est ainsi entouré que vousfinissez la bouteille de blanc.

Le lendemain, décision est prise d'envoyer Julie et Juliette, pour les protéger, chez leur grand-mère maternelle. Ce sera mieux pour tout le monde. Votre belle-mère, ravie d'être utile, vient les chercher chez vous.

Elle se permet une première remarque sur l'état de l'appartement. Vous réussissez à vous contenir. Elle jacasse ensuite un quart d'heure sur le problème de la délinquance. Vous sentez que vous allez sortir de vos gonds. Pour finir, elle vous lance une remarque acerbe sur l'éducation de Julien.

C'en est trop : vous la giflez. Or vous étiez filmé. Lorsque votre beau-père vient porter plainte, les policiers sont déjà au courant.

A votre tour, vous êtes convoqué au commissariat, placé en garde à vue, puis mis en examen pour violences sur personne vulnérable. Vous encourez trois ans d'emprisonnement. C'est le procureur qui vous convoque à la fin de la garde à vue. Il est indigné par ce que vous avez fait et ne s'étonne pas que votre fils ait mal tourné. Il vous demande si vous reconnaissez votre culpabilité, une cassette vidéo à la main. Vous répondez oui. Il vous propose alors de prononcer lui-même votre condamnation puisque vous ne contestez pas les faits. C'est nouveau (Perben II, article 61), mais c'est efficace. Si vous refusez, vous serez jugé par le tribunal, dans longtemps et avec les aléas qu'on connaît. Un avocat, penaud, vous conseille d'accepter. Le procureur vous condamne à 4 mois d'emprisonnement, sans préciser que c'est une peine bien indulgente au vu des faits odieux que vous avez commis.

Durant le trajet vers la prison, menotté dans la fourgonnette, vous vous interdisez de penser à votre femme, à Julie, à Juliette. Vous vous demandez simplement si vous apercevrez de votre cellule celle de Julien. Si vous pourrez lui faire coucou.

Et, tout à coup, vous vous souvenez d'un entrefilet dans le journal, en plein hiver 2004, sur des avocats qui s'inquiétaient de l'entrée en vigueur de la loi Perben II. Vous n'aviez, à l'époque, pas compris pourquoi.


Source
Ajouter un commentaire:

pseudo
mail
web
mémoriser







capture d'écran gagner des codes allopass
timing: 0.135 sec - sql: 3q, 0.017 sec