| Un peu de... toi | |
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Mercredi 7 septembre 2005 - 04:26
Il te regardait bizarrement, un peu l'air d'attendre que tu finisses ta phrase, pas encore commencée. C'était un terme d'un bon diner dans un bon restaurant, de ceux sans surprises, dans le sens positif du terme. Destination décidée après l'habituel rendez-vous à l'endroit canonique, où le Raki vient maintenant tout seul à vous, sans la moindre intervention de votre part..
Un peu comme d'habitude, en fait. Tu finis par te lasser de ce quartier, de ses apparences, de ses personnages, de ses images si parisiennes, de cette impression de pouvoir te déplacer les yeux fermés d'un point à l'autre.. De ces cantines, terrains connus, où tu te retrouves parfaitement à ton aise au présent, mais qui te rappellent chacune une avalanche de souvenirs, une multitude de visages, quelques angoisses, beaucoup d'excès, d'ivresses de bonheur, et autant de déceptions. Oui, tu lui dis que ca va. Que tu as pris un peu de recul, entendu et réalisé beaucoup de choses.. et que tu as au final l'impression que certaines molécules auxquelles tu as naïvement essayé de t'accrocher t'ont placé exactement dans l'angle optimal de départ d'un dangereux toboggan. Que tu as pris avec allégresse et insouciance. Facile. Deux jours d'effets secondaires et autres cauchemars, une semaine en dents de scie, deux week-ends entiers de cocooning total, et ton réveil.. Tu lui parles de tes grosses envies de changement, de fuite de ta banlieue grise et calme, trop grande, impraticable pour toi; tu renonces à lui préciser tes envies de vue sur les toits de Paris, ou sur un parc, une large cour pavée et fleurie, ou une rue animée; de murs blancs, de grandes fenêtres, de rideaux opaques, parquet ou tomettes. Tu parles de ton futur quartier, vivant, à explorer, lui aussi vierge de toute émotion, de toute sensation ou mauvais arrière-gout. Tu te justifies -comme toujours-, tu veux changer de présent, ne plus prendre ce métro dont tu as fini par avoir peur, dans lequel tu ne peux t'empêcher d'attendre, d'espérer et de redouter le moment où tu croiseras la fille.. Créer une rupture, franche, n'habite plus à l'adresse indiquée. Tu lui dis que tu t'accroches à ton job, que tu as fini par prendre tes habitudes, que tout le monde a bien trouvé ses marques, que ce n'est que le début d'une longue expérience, mais, sans le savoir, tu penses déjà à tes prochaines opportunités, et à tes envies, d'ici quelques années.. Mais pour l'instant, tu sais que tu prends ton temps, tu fais le tour de tes projets, de tes univers. Tu reprends tes découvertes, sonores, nouvelles, ou pas. Tes lectures, tes photos, tes rencontres. Tu m'as dit t'être fixé une règle: ne plus forcer ou t'accrocher au hasard.. vivre, simplement. (sur Ez3kiel - How do you sleep ?)
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