| Un peu de... toi | |
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Jeudi 1er décembre 2005 - 16:29
Là, à 21h05, l'objet de mon entrevue est en retard; je regrette de ne pas avoir pris de quoi écrire, et puis les odeurs
et la musique en ce lieu pourtant pas choisi par hasard me rappellent terriblement la fille aux démons.. surtout
les odeurs. En face, un couple s'attend; à la vue de leur très maladroite accolade, je déduis facilement qu'ils se
rencontrent pour la première fois; insignifiance; en apparté, bonjour Julien; ah, tu es nouveau ici, bon courage,
alors, insignifiance; état des lieux, états d'esprit successifs : tendu, simplement anxieux, place au doute;
téléphone;
Tu as oublié quelque chose ? - Oui. Réaction, décéption, constatation : contrairement à ce que je pensais jusque là, je suis maintenant à peu près certain d'avoir vraiment envie de ce rendez-vous. Sans rapport toujours, à côté, je lis que l'amour chimique, hormonal, ne durerait scientifiquement qu'un an; alors ca serait peut-être ça, l'explication suprême ? Après, c'est confirmé, toutes les jolies filles descendent au plus tard à Télégraphe; les autres lisent Marc Levy jusqu'à la place des Fêtes; à cet instant précis, j'ai envie de me perdre dans l'Appartement de Noir Désir. Le lendemain, premier décembre, coup de fil de fil anodin, ca me fait plaisir de t'entendre; ah, tu ne pourras finalement pas partir à Bangkok pour la date convenue; d'accord, c'est gentil de prévenir trois semaines à l'avance quand c'est planifié depuis plus de trois mois; maintenant, c'est pas que l'idée de partir seul me refroidisse, quoique. Même si on ne devait se voir que pendant la première semaine, du coup, à chaud, là, je me demande si j'ai encore vraiment envie d'y aller. Et de songer que Bagdad ne serait pas forcément une mauvaise destination pour ce réveillon. Et, plus tard, de repenser à cet effet de lumière que je ne reverrai certainement jamais, saisi du haut de mon cinquième étage, un tout petit instant insignifiant que je n'ai pas pu photographier; contexte : les toits de Paris, coucher de soleil, ciel plus que sombre et particulièrement nuageux; en face, auréolé d'un petit carré de ciel curieusement bleu, un immeuble avec terrasse verdoyante, et, au sommet d'un long piquet, une antenne râteau de TV "analogique", rendue littéralement incandescente par le hasard d'un reflet de reflet de reflet de rayon de soleil couchant, qui n'avait absolument rien à faire par là. Pour une fois, la première, je n'aurai pas eu de difficultés à trouver une légende; insignifiances. L'expérience de ce matin me confirme que je ne maîtrise absolument plus rien de ce regard; tu me dis sauvage, je te réponds qu'il est 15h40, que j'ai déjà bu plus que de raison pour un jour de semaine - digestif kurde m'a tuer - et que cette nuit, j'ai rêvé avoir du sable dans mes chaussures. C'est qui Sponge Bob ? - Ben.. euh.. une éponge géante toute jaune avec une cravate rouge.
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