| Un peu de... toi | |
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Mardi 21 février 2006 - 18:00
Très exactement deux semaines de silence, bien involontaire, interruption imprévue de mes habituels exercices narcissiques; précisément deux semaines de vide, entrecoupé d'aventures dans divers septièmes ciels moléculaires, mais, tu sais, c'est comme toutes les bonnes choses, j'en abuse, du coup, ça me réussit pas du tout, j'en perds même mes mots, plouf; juste un peu plus de deux semaines à essayer de retrouver lesdits mots, deux semaines à redouter cet anniversaire en forme de quart de siècle et de passage de cap, que tout le monde me souhaitera en avance ou en retard, mais surtout pas le jour J; deux semaines entrecoupées par une certaine fête des amoureux-heureux qui me donne vraiment envie, une fois par an, de changer temporairement de prénom - d'ailleurs, l'an prochain, faites-moi plaisir, en février, appellez-moi Jack -; deux semaines sans vraie bonne raison de se lever, sans vraie bonne raison de s'endormir, et puis, si l'amour dure un an, visiblement, le travail aussi, d'où certainement passage d'un quotidien exaltant-c'est passionnant-ne compte pas ton temps à une routine pesante consistant à réparer les conneries des autres pendant le week-end et à ne rien faire de concret en semaine, faute de projets, le tout entraînant un état de (dé)motivation à peu près à la hauteur de mes désillusions, rien ne va plus, je fais vraiment un métier passionnant.
Un dimanche à réparer les conneries des autres, donc, et à ne penser à rien, à défaut de ne pas penser du tout, un dimanche à se voir dissous, décomposé, flou, perdu, paradoxalement plus entouré que jamais, je ne vois pas le soleil, mais plein de gens; de quoi prendre conscience de l'existence de ces petits groupes d'éléctrons flottant autour de ma planète, ces âmes qui entrent et sortent de ma vie, cette petite famille à la composition inconstante et si rassurante, moi, toi et tous les autres, ceux qui rayonnent, ceux qui sourient, ceux qui savent faire le ti-punch, ceux qui sont là depuis longtemps, ceux qui m'invitent à diner, ceux qui viennent d'arriver dans ma vie, ceux qui veulent absolument finir la soirée en appartement, ceux qui prennent du shit et laissent l'herbe chez eux, ceux qui font l'inverse, ceux qui déménagent, ceux qui chôment, ceux qui jettent des bouteilles de bière vides rue de Dunkerque, ceux qui sourient, ceux qui rient, ceux qui photographient des suicidegirls.com, ceux qui écoutent Agoria, Dan The Automator et I Monster, ceux qui cuisinent des rillettes de thon au basilic et autres émincés de volaille au citron, ceux qui rient, ceux qui vivent; Un de ces dimanches qui laissent aussi le plaisir de prendre le temps de réaménager entièrement son sweet-home, incluant débouchage de baignoire, nettoyage des sept tasses à café trônant dans l'évier - pour la plupart en phase de reproduction avancée dans le cadre des expériences biologiques de coloc', qui prévient d'ailleurs qu'à l'étape suivante, les tasses doivent se lever et marcher toutes seules, comme les chèques - merci, enfin, passons, donc, tri des vieux papiers et confrontation avec des piles de vieilles photos en vrac, oubliées, parfois pleines d'un sale goût amer, parfois simplement mises de côté, laissées pour mortes, à trier; prendre le temps de réorganiser les espaces, tout chambouler, je veux juste me sentir bien dans mon cocon. Un dimanche soir, donc, sans magie, malgré le caleçon à fleurs, un dimanche sans magie annonçant une nouvelle semaine à errer dans cette petite ville où tout le monde se croise, se décroise, s'évite, et où les jolies filles descendent toujours à Telegraphe, je persiste; un dimanche soir à mettre une fois de plus ma vie virtuelle de côté, à force d'être à côté de mes pompes -virtuelles-; je ne répondrai probablement pas aux quelques mots doux et/ou plein d'attention reçus récemment, même si ils m'ont tous, sans exception, fait très plaisir, voire plus. J'ai envie d'un peu de magie dans ma vie, mais quelque chose est mort en moi, ou simplement en sommeil, je ne sais pas. En attendant, comme elle le dit si bien: cher moi, ta gueule. Les plus observateurs auront remarqué une mise à jour du radio.blog de février, et puis, Dredg, quand on vire tout ce qui ressemble à un très mauvais mélange Coldplay-Evanescence-PopRockOuiFM, c'est-à-dire pratiquement tout sauf quelques titres qui n'ont rien à voir avec leur style usuel, il reste quelques perles, comme Brushtroke: Elephant in the Delta Waves:
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