| Un peu de... toi | |
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Mercredi 31 mai 2006 - 23:15
L'apparente insouciance de Simone;
Et cette imprévisible étreinte, de celles qu'on voudrait éternelles; dans mon cou, un souffle chaud, dans mon dos, entre veste et chemise, une paire de mains; quelques mots, une question, réponse négative, sourire en coin; sensibles, sensibilités exacerbées, corps collés, onze baisers, un baiser, juste de quoi méditer plus paisiblement sur la portée du mot tendresse.
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Mardi 30 mai 2006 - 22:39
Quelques heures plus tôt, je notais vaguement une sombre histoire de puits rempli de feuilles mortes, histoire maintenant complètement illisible, peut-être à cause des cahots du métro, peut-être aussi parce que je ne voulais simplement pas qu'elle soit lisible, qui sait ce qu'on peut bien vouloir faire de l'expression écrite d'un brutal coup de blues;
Quelques dizaines de minutes plus tôt, je cherchais un peu de réconfort auprès de la voix surprise d'Esmeralda, qui deviendra tour à tour enjouée, taquine, réjouie; rendez-vous est finalement pris dans quelques semaines, à Barcelone, pour quelques jours off, au soleil, en souriante compagnie; Quelques minutes plus tôt, vingt secondes de silence, ultime sourire téléphoné, tu veux que je te ramène quelque chose de Thaïlande - non, merci, si, un peu de sérénité, tu peux? Et là, voilà, énième fois, finir par se connaître, fin de cycle, je vais bien, regarde mes mains, mais qui me sauvera?
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Lundi 29 mai 2006 - 20:34
Bloqué au bureau par une averse de grêle, pile au moment où j'allais m'envoler, tiens, profites-en pour chercher tes mots, non, ça ne vient pas, pourtant, juste en dessous, j'ai noté "j+365 - 21 juin", après Dead Can Dance et leurs reprises repectives par divers groupes de heavy metal; d'ailleurs, oublié le pincement au coeur, magistral, symphonique, le pincement ?
À Belleville, samedi, vers sept heures du matin, sur cette ligne onze qui attaque les(mes) neurones, pas de fantômes, juste un black très athlétique, en tutu blanc et baskets, l'air visiblement embarassé; plus tôt, finalement, je ne verrai pas la belle Eva, mais un autre air de déjà vu: le retour de la vengeance des pathétiques jeunes cons bourrés, scénario reproduit très exactement à l'identique, au détail près; essayer d'en rire, si possible; non, pas possible, no comment. Il ne grêle plus.
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Lundi 22 mai 2006 - 18:58
(18:41:17) Ben: Bonjour, [ça marche pas] mon login est ben et mon pass est sodomie, tu pourrais regarder ca stp ?
-- cher client, ...
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Vendredi 19 mai 2006 - 06:45
Ligne 3, Réaumur-Sébastopol, direction Levallois, le souvenir d'une conversation téléphonique à fleur de quai, colère irréelle, n'y pense pas; pour l'Europe, les sangliers sont lachés, se positionner en milieu de quai, donc, réflexe automatique pour un trajet vécu au quotidien des centaines de fois, l'air de déjà vu de la place de l'Europe, je répète, les sangliers sont lachés, après, à droite, à gauche, le dilemne est toujours le même, c'est con un rond-point; les locaux sont fidèles à mes souvenirs, vieux, inconfortables, tendance décrépitude habitude, à l'image de leurs occupants; l'accueil est tendu ou ambigu, l'ambiance à la nervosité et aux demi-mots et autres chuchotements, rien n'a changé, oh, non, rien ne bouge; plus tard, les langues se délieront à la faveur de potions de vie alcoolisées et de décisions prises, mais au moment de choisir entre soupir vaporeux, évasion bariolée, trajectoire givrée, émotion veloutée, dame blanche et plat du jour, je perds le fil, futilités et politique mènent à un ennui profond; /urgence professionnelle/ pour excuse, je vogue vers une salle machine pour une fois plus fraiche que le boulevard Voltaire passé minuit, vaquer à mes occupations non urgentes mais néanmoins professionnelles;
6h30, Paris s'éveille et ses terrasses n'ont jamais été aussi agréables, je tremperai donc les croissants chauds dans un chocolat-crème brûlant en repensant à tous ces tera-octets et giga-bits maintenant disponibles pour le stockage et la diffusion de documents multimédia principalement destinés à compléter l'éducation sexuelle des mâles francophones; une couette plus tard, déjà 18h, pas possible, je suis en GMT+10, tu parles de décalage; après, merci pour ton intervention, euh, quelle intervention, à 13h, comment ça, je dormais, on s'est parlé au téléphone et par msn, tu ne t'en souviens pas, non, je dormais; 19h30, le rendez-vous secret se dirigera vers les quais, avec bonne dose de soleil, pollen plein les yeux, cigarette aux relents d'herbes de provence et gars relou qui vient nous parler de sa vie de merde vous avez rien compris t'aurais pas une clope; minuit, la révélation d'autres performances buccales me laisse bouche bée et plutot sceptique, va falloir qu'on cause/picole sérieusement tous les deux; 5h36, sommeil (re)viens, j'aimerais vraiment être en forme pour aller écouter les the bigger splashes ce soir -et- déjeuner avec mes collègues adorés.
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Mercredi 17 mai 2006 - 15:38
Les marronniers transforment depuis quelques semaines le boulevard de Sébastopol en une opaque rivière de feuilles, figée dans un lit de pierre de taille, la métaphore est facile mais le cadre réellement agréable; sur les balcons, au soleil, cigarettes allumées, il me demande pourquoi cette fille se confie à lui, pourquoi elle ne garde pas sa personne-à-oublier et ses démons pour elle, et puis pourquoi lui?
Alors je lui réponds exactement ce qu'il veut entendre, et il enchaîne sur ses vingts ans, sur sa première grosse déception amoureuse qu'il préfèrait garder pour lui, et sur le pigeon téméraire, qui, quatre étages plus bas, picore je sais pas quoi en plein milieu de la chaussée, s'envolant à la dernière seconde à l'arrivée d'un quelconque véhicule, et retournant invariablement picorer son je ne sais pas quoi après le passage dudit véhicule. Mais mes pensées sont ailleurs; elle surgit, Tristesse; je repense à ces âmes qui se croisent et se décroisent à l'infini dans cette grosse bulle de suie, se perdent de vue au gré des mouvements d'affinités et d'amitiés, des prises de distance, inconstances et invitations non réciproques qu'on finira par ne plus renouveller, inimitiés viscérales et autres effets de groupe(s). Elle surgit, donc, Tristesse, unilatérale, l'électron libre tendance incontrôlable a décidemment bien du mal à trouver sa place dans cette grande ville qui pue; mais.. même si les short cuts mériteraient bien d'être développés, et leurs liens étoffés, il faut toujours se méfier des mots, non? C'est certainement nécessaire, oui, retour à de futiles préoccupations plus terrestres, quatre étages plus bas, le pigeon téméraire n'est plus qu'un vague mélange rougeâtre d'os et de plumes, informe bouillie de sang et d'organes aux reflets blancs et gris, c'est la vie; en quelques minutes, le ciel se couvre, le vent se lève, et mon téléphone choisira de sonner à l'instant précis où les premières gouttent se mettront à tomber, annonçant l'imminence d'un inévitable grondement de tonnerre et la conclusion si prévisible d'une conversation tout aussi prévisible. Spleen. Se croisent et se décroisent...
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Lundi 15 mai 2006 - 18:04
Le cidre et le jus de /cranberry/ ont été malencontreusement servis dans le même verre. C'est très bon. Et je vais devoir t'embrasser si tu ne changes pas d'avis.
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