| Un peu de... toi | |
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Samedi 5 août 2006 - 05:08
(factuel)
Troisième sonnerie du deuxième réveil. Reprendre ses esprits. Se lever. Cigarette. Sortir l'ordinateur de sa torpeur nocturne. Lecture des mails reçus en quelques heures. Écouter Take A Bow, du dernier album de Muse, téléchargé illégalement. Cigarette. Lancer l'agrégateur. Lire. Réecouter Take A Bow. Cigarette. Envoyer un mail. Cigarette. Lire la réponse, quasi instantanée. Sourire. Cigarette. Appeller le coiffeur, décaler le rendez-vous d'une demi-heure. Passer une demi-heure sous la douche. Se sentir bien. Cigarette. Ranger ce CD des Troublemakers. Parfum. Toujours l'Occitan. Repassage. Brosse anti-poils-de-chat. Fermer la porte à double-tour, triple-serrure. Cigarette. Marcher. Boulangerie. Comme d'habitude, s'il-te-plaît. Merci. Bouche de métro. Ligne 11, Mairie des Lilas. Se demander d'où vient ce sang sur mon sandwich. Bouche de métro. Ligne 11, Rambuteau. L'Ancien quartier. Je passe devant la Villa sans me retourner. À 13h, il n'y a pas un seul Client. Coiffeur. Habitude. Faire la connaissance de la jolie Julia et de sa tignasse rouge. On se croisera, ou pas, à Rock en Seine. Tiens, je te note mon prénom. [Et mon téléphone] Ciao, merci. Ligne 4. Etienne Marcel. Strasbourg-Saint-Denis. Ligne 9. Sortir à Voltaire. Marcher. Sonner. J'ai oublié mon passeport, je peux vous laisser mon Navigo ? - Oui, bien sûr, je vous connais, mais j'irai peut-être faire un tour avec.. Sourire. Le Navigo devient badge papier. Quelques dizaines de mètres plus loin, le badge papier devient badge magnétique. Deux étages plus haut, le badge magnétique ouvre les portes d'une des salles techniques de cet immeuble centralisant un bon tiers des infrastructures Internet françaises. Baies 22A6, A7, C13, C14, C15, E12. Clé de la E12. Brancher un écran. Memtest. C'est bien cette mémoire pourtant supposée fiable. Re-memtest, reiserfsck --fuck-you, OK, tout va bien. Ranger l'écran. Clé. Sortir de cette salle à 22°C constants, air purifié et humidité contrôlée. Presque un bol d'air. Deux étages plus bas, échange du badge magnétique contre un badge papier. Échange du badge papier contre mon Navigo: oh zut, je n'ai pas eu le temps d'aller me promener, une prochaine fois peut-être.. Dites, vous seriez libre pour une demande en mariage ? Oui, mais mon mari risque de ne pas être d'accord. Marcher. Bouche de métro. Ligne 9. Voltaire. Écouter Take A Bow. Descendre à Grands Boulevards, marcher jusqu'au Virgin HyperTopMegaStore. Besoin d'un casque. Au passage, prendre l'album sus-cité, Black Holes & Revelations, et une dizaine de bouquins, presque au hasard. Salut, je cherche un film introuvable. Ils l'ont. Passer à la caisse. Attention, vous allez déprimer avec cet album. Ah oui mais non, j'ai écouté le premier titre, j'adore. Discuter jusqu'à ce que le Client suivant s'impatiente un peu trop. Acte manqué, mais je n'aimais pas son sourire, même si j'ai envie d'offrir des cafés à très exactement 7% de la population de notre /beau/ pays. Métro. Ligne 9. Bonne Nouvelle. Se sentir bien. Déballer le casque. Écouter Take A Bow. Rendre un sourire. Descendre à Saint Augustin. Écouter Space Dementia, toujours de Muse. Murmurer les paroles apprises par coeur il y a quelques années, et jamais oubliées. Marcher. Clé-badge magnétique. Bonjour. Ascenseur. Taper le code du 4è étage. Messieurs, bonjour. Dès la première minute dans cet open-space, se sentir mal. Trop de bruit. Trop de monde. Soupirs. Interruptions. Trop de mouvements. Étrangement, les seuls à vanter les mérites de cet open-space sont dans des bureaux quasi-individuels. Essayer de s'isoler. Convertir le CD en mp3. Régler les merdes des autres. Éponger. Jouer au chef de projet technique, à mille lieux de mes attributions habituelles. Vomir sur ces processes de recrutement aussi opaques que décevants pour le staff déjà en place. Cette boite va finir par se transformer en SSII qui achète/vend du temps/homme à force de préférer les beaux discours opportunistes, sourires forcés, cravates et autres autistes pas obligés de parler au pragmatisme et à l'esprit. Dommage. Rire de l'espèce de sombre crétin que je vois pour la première fois de ma vie et qui me donne, dans un élan d'infinie bonté, l'Autorisation d'aller discuter avec mon cher Chef. Plus tard, rouler un joint. L'herbe est sableuse, comme toutes celles qu'on trouve à Paris actuellement. Fumer sur le balcon. Regarder sans intérêt le bal des coupés Mercedes sur le boulevard Malesherbes. Un collègue m'offre une bière. Corona. Pas fraîche. Partir. Ascenseur. Pas de code pour le rez-de-chaussée. Marcher. Ligne 14. Madeleine. Châtelet. Ligne 4. Sortir à Etienne Marcel. Marcher. « Mon Bar ». Salut. Attendre. Oublier très vite une proposition dont la réponse indécise se voulait négative. Faire la bise. Serrer deux mains. Discuter. Boire. Plus que de raison. Discuter. Grignoter. Discuter. Se sentir bien. Payer. À la prochaine. Dans la rue, je ne t'en veux pas si ça vient d'un bi. Dîner. Se réjouir. Foie gras. À cet instant précis, le meilleur de Paris. Boire. Discuter. Digest-if. Taxi-préjugés. Détour par la place de la Réunion. Rue Saint Blaise. Porte de Bagnolet. Merci, bon courage. Sortir l'ordinateur de sa torpeur diurne. Lancer l'agrégateur. Lire. Rouler un joint. Le shit est doux, pour une fois. Laisser un commentaire pour une jolie photo. Écrire.
Inclure un contenu multimédia: (Muse - Take A Bow) Déballer le DVD du film supposé introuvable. Final Cut, avec la gueule d'ange d'un Jude Law -posthume-, dans son propre rôle d'ignoble voyeur fouteur de merde, et son ex-douce, Sadie Frost, dans son rôle de veuve. Mettre le disque dans un lecteur adapté. Cliquer sur « publier l'article ». Presser le bouton play de la télécommande.
3 commentaires:
Ca fait beaucoup de
"cigarette"
par wefloat (2006-08-06 21:46:32)
mais j'aime beaucoup quand même cette note que j'ai relu trois fois.
par wefloat (2006-08-06 22:20:33)
toujours un grand plaisir de te lire compañero d'un écran parallèle.
par théo (2006-08-07 10:31:54)
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