| Un peu de... toi | |
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Samedi 28 octobre 2006 - 00:00
De ville lumière à.. cité des anges.
En haut. Rayons CDs. Ne garder que ceux qui représentent quelque chose; en premier, Des Visages Des Figures, de Noir Désir, Splinter, des Sneaker Pimps - je ne savais pas que tu étais fan -; après, tous les Radiohead, PJ Harvey, Troublemakers, Nitin Sawhney, Jeff Buckley, Muse, Sébastien Schuller, High Tone, Placebo, dEus, Erik Truffaz, Hed Kandi, Jelena Ana Milcetic -pardon, Helen Merrill-, I Monster, Goldfrapp, et autres Trash Palace. Mettre tout le reste dans un carton. Non, trop lourd, après tout, rien n'est perdu, alors, *tout* mettre dans un carton. Sauf Des Visages Des Figures, et Splinter. Le reste sur un lecteur mp3: au moins, il ne pèse presque rien. Au milieu. Rayon livres. N'en garder que deux ou trois, oh, pas les gros pavés, les poche, plus légers, ceux qui me rappelleront ici. Virginie Despentes, Lolita Pille ou Saint Exupéry ? Cul-ture, mon cul. Mettre tout le reste dans un carton. Bibelots divers, restes de places de concert ou de cinéma, flyers psychédéliques ou simplement jolis, vieux magazines que je ne pourrai jamais me résoudre à jeter, souvenirs de voyages ou d'amours morts, girafes et zèbres, vieilles souches de chéquiers, albums photos.. poubelle, ou carton, c'est selon. En bas. Rayon DVDs. Direction carton. Lui offrir In The Mood For Love. Voilà, étagères vidées, c'était rapide. Je comprends ce que voulait dire l'huissier du trésor public quand il me disait qu'il n'y a rien à saisir chez vous, monsieur. Jeter le canapé-lit vieillissant dont personne ne voudra, le tapis bleu pourissant, les fripes et fringues plus à la bonne taille, mal usés, déformés ou complètement démodés, les bidules électroniques sans valeur, télévision, carcasses de PCs d'une autre époque. Vendre ce qui est encore vendable. Donner le reste. Jeter le surplus, sans le moindre scrupule. Mettre toutes les archives papier dans un carton. Sept ans de courriers administratifs, contrats de travail, fiches de paye, avis d'imposition, avis à tiers détenteur, cinq kilos de documents étiquettés "Deine", quinze kilos d'archives "procès". Noos vs. Beck, Loana vs. Beck, Colt vs. Deine, URSSAF vs. Beck, souvenirs, souvenirs. Envoyer tous les cartons en banlieue strasbourgeoise, par transporteur, pour stockage. Dans un grand sac de voyage, mettre un ordinateur portable, quelques bouquins, du linge propre -de quoi tenir quelques jours-, l'appareil photo numérique, son alter-ego argentique -celui qui fait "clac"-, quelques cartes mémoires et pellicules, le lecteur mp3, Des Visages Des Figures et Splinter, deux-trois bouquins, un téléphone tribande, et un bloc-notes. Prendre le temps d'aller diner avec quelques bons amis. Ceux auquels je tiens. Ou ceux qui m'insultent quand ils ne vont pas bien. Ceux que je ne veux pas perdre de vue. Foie gras. Un dernier pavé saignant-pommes sarladaises. Un bon Pomerol. Digestif. Cognac ou vieille prune ? Ne pas oublier de faire la procuration électorale. Le passeport est bien là. Le billet d'avion aussi. Au singulier, comme un aller simple. Rien de plus. Non, rien de plus. Vraiment. » Pour l'instant, rien de tout cela n'est encore fait, mais ma décision est prise, en accord avec mon employeur. La plus importante décision en sept ans de [sur]vie parisienne. Le préavis de l'appartement bagnoletais est donné pour la mi-janvier. Quelques jours après, un nouveau quotidien, à quelque chose comme 12 568 kilomètres d'ici. Durée: indéterminée. Lieu: Bangkok. Visa touristique, trois mois maximum. Et après ? Visa-Run ? Bah, on verra. Tu n'imagines pas combien je suis terrorisé en pensant à l'Inconnu, et paradoxalement soulagé à l'idée de quitter quelques temps cette ville -je compte bien y revenir-, ni à quel point il m'est difficile d'écrire cette note. Ou de relire celle-là, ou celle-ci. Nostalgie avant l'heure. Place aux citations. « Les plaies se referment, mais il reste toujours des cicatrices, plus ou moins visibles, qui gênent lorsque le temps change, rappellent leur existence sur ta peau, et, avec elles, le coup qui les a causées. Or, le souvenir du coup influera sur tes décisions futures, réveillera des peurs inutiles, des chagrins misérables, tu deviendras une créature lâche et terne. Pourquoi vouloir t'enfuir et quitter la ville où tu as chu ? Parce que tu espères vainement qu'ailleurs, sous un ciel plus clément, tes cicatrices ne te feront plus mal et que tu boiras une eau plus pure ? Les ruines de ta vie se reformeront toujours. Où que tu ailles, tu emporteras ta ville avec toi. Il n'y a ni terre ni mer nouvelles, la vie que tu as ratée demeure ratée n'importe où sur la planète. » -- Lucía Etxebarría (Beatriz et les corps célestes) « Et moi, émoi, sans toi, las, d'ici quelques mois, De me retrouver sans toit, et ne pas savoir toutefois, Si je veux rester ici, ne pas choisir ce que je vis, Ou décider, m'absenter, faire ma vie, admettre, par asymétries, Que plus rien ne me relie - à cette douce cité mélancolie. » -- v. -- Mais maintenant, je sais.
8 commentaires:
Tu pars vraiment ?
par a (2006-10-28 10:57:33)
Sauf chamboulement de dernière minute, oui, j'en ai envie depuis quelques temps, rien ne me retient vraiment ici, et les opportunités sont faites pour être saisies..
par v (2006-10-28 18:59:48)
quand?
par wefloat (2006-10-28 13:54:38)
"Le préavis de l'appartement bagnoletais est donné pour la mi-janvier. Quelques jours après" - la date précise n'est pas encore fixée, il reste un paquet de détails à régler..
par v (2006-10-28 14:01:18)
J'allais dire "bon voyage" mais je ne penses pas que ca convienne à un aller simple.
Alors je vais dire "merci", pour les vibrations tant sonores que textuelles.
par a (2006-10-28 21:24:36)
Si tu as cette opportunité tu as bien raison de la saisir...Tout plein de bonnes choses pour toi...Bisous^^
par Mary (2006-10-29 02:27:14)
"merci" à vous deux, tout simplement :)
a> ce n'est pas vraiment un aller simple, juste une expérience de quelques mois, limitée par la durée du visa touristique.. par v (2006-10-29 15:06:36)
Franchement je t'envie, l'Asie, l'aventure, tout ça. Qui plus est avec un appareil qui fait clac dans tes valises !
Au passage, je découvre ton blog via le lien que tu as fais sur la note de Melle C. pour le bouquin de Vian. Et j'aime énormément tous les billets que j'ai lu. J'espère donc que tu continueras à écrire pendant ton voyage :)
par Melle S. (2006-11-03 12:06:43)
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