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admin




Jeudi 2 novembre 2006 - 03:39
« Après un faux départ, il y a toujours un vrai départ. »
Y aller, tout simplement. Hésiter. Mais non, y aller, une dernière fois. Vite, une chemise, se faire beau, froid hivernal, prendre le métro, Mairie des Lilas, République, Grands Boulevards, Virgin. Le nouvel album d'Agoria, The Green Armchair, j'y tenais. Klanguage, Trentemöeller, Brigitte Fontaine, hmm, non, trop cher, tu m'étonnes que l'industrie du disque périclite, pour une moitié de CD je peux m'offrir deux bouquins, alors ca sera Despentes et Bukowski, faire la queue dix minutes en lisant le premier chapitre de Baise-moi et le premier chapitre de Pulp, tiens, non, remonter, prendre deux Vian, redescendre, refaire la queue en lisant le premier chapitre de L'herbe Rouge et le premier chapitre d'Et on tuera tous les affreux, payer, trente-trois euros et vingt-neuf centimes, ressortir, froid hivernal, ligne 9, un discman, objet has-been au possible mais bien pratique pour écouter cette espèce en voie de disparition qu'est le compact-disc. Seul sur le quai, clic-clac, écoute rapide, après un faux départ, il y a toujours un deuxième départ, à République, ressortir, acheter des cigarettes, retourner sous terre, ligne 8, une demoiselle seule sur le quai, larmes fraîchement séchées, sourire complice, elle sourit, ouf, j'ai pas perdu ma journée. Ce titre me fascine, alors, aligne toi, voilà, le réécouter, jusqu'à Montgallet, Paris-Carnet, un bar au centre de Paris, c'est une blague, enfin, bière, je viens de m'éteindre, oh non, je ne vais pas faire le moindre effort de socialisation devant ces tables hermétiques au possible, et, là-bas, ce gars qui ne se souvient jamais de mon prénom, on s'est vu quatre fois pourtant, mais ça m'étonne plus. Paris-Carnet n'est plus ce que c'était, pas un seul carnet, mais les optiques sont toutes plus imposantes les unes que les autres, à se demander qui aura la plus grosse. Ah si, j'ai trouvé. Paris-Carnet est mort, vive Paris-Photo. Tu sais, je n'aime pas discuter avec des appareils photo, mais plus tard, un mot, manuscrit, je me sens un peu bête, je ne sais pas comment engager la conversation, ça tombe bien, moi non plus, voilà, ça, c'est fait. Repartir, Montgallet, question, réponse, Bastille, Saint-Paul, un petit bar rouge, discuter, ou pas, on est bien, juste bien, aux vibrations d'une musique electro-minimaliste, je tends le CD d'Agoria au barman, le dernier titre, s'il-te-plaît, pas d'urgence, il le met quelques dizaines de secondes plus tard, s'ensuivent quatre minutes et trente-cinq secondes de silence. Merci. Discuter, ou pas, repartir sur le titre de fin, Cargo Culte, puis, Saint-Paul, upgrade your life, Châtelet, deux âmes perdues, une bise, tu aurais dû demander, les couloirs de Châtelet, moi, je suis au couloir un, juste là, à tes côtés, ligne 11, déplier le dépliant, lire les paroles, avant Belleville, on m'adresse la parole, oui, il est très bien, sourire, bonne soirée, 20 minutes, ce temps qui passe si vite, des arcs électriques à l'approche de Mairie des Lilas, je repense à Emilie, Sofiane, Sandra, Johann, Hélène, Meda, Solenne, Margaux, Sylvie, Gabriela, les autres, et à la jolie Léa qui ne me répondra pas, alors, se méfier des phéromones, et encore encore encore ces paroles, comme d'autres mots, coincidence, hasard, contexte, je ne sais pas, elles me touchent, là, à l'intérieur, dans l'instant.
Terminus.

« Après un faux départ, il y a toujours un deuxième départ.
Alors, aligne toi.
Voilà.

Moi, je suis au couloir un, juste là, à tes côtés.
Allongés dans cette douche à damier,
Un baiser aurait suffit à nous emporter.
L'ivresse aboutie, la comédie finie,
Les langues se délient, oh oui.

Un bustier noir volé au grand magasin
Le tourniquet de la cuvette en main,
Les doigts dans ma bouche, ton sein
Collé contre ma nuque, oh oui
Ce soir là tu m'as dit je t'aime toi la fleur tatouée.

Attrapée juste avant de s'envoler
Par un garçon pêcheur trop bien attentionné,

Volant au gré des voix
Elle ne regarde plus vers moi.

La peur de m'aimer,
De passer à côté de sa liberté
Impossible d'ignorer les garçons acidulés,
Mais que fait la jolie fleur tatouée?

Ce soir dis moi juste si tu m'aimes encore un peu

Mais vraiment quelle envie de rester?
À la lecture de tes pensées, j'aurai du décamper.
À quoi bon mesurer quelle dose d'amour s'était évaporée?
Tout ça pour s'oublier.

Une semaine pourtant violemment fusionelle
Au volant d'une mustang je nous voyais déjà tout plaquer
D'East Village à Bahia, de l'Arizona au Nirvana,
Après un faux départ il y a toujours un vrai départ.

Elle me croit parfait mais mon dieu qu'ai-je fait pour mériter ça.
Si fragile en l'état, au plomb sans super, rien de tout ça n'est moi.

Pourtant je voudrais panser tes plaies, cajoler ton âme, chérir ton passé,
Le voir s'écarter pour que de ta vie libérée
Tu profites sans être emprisonnée.
Après un faux départ il y a toujours un vrai départ, oh oui.

Je veux panser tes plaies, cajoler ton âme, chérir ton passé,
Le voir s'écarter pour que de ta vie libérée
Tu profites sans être emprisonnée.
Après un faux départ, oh oui.

Pourtant j'aimerai panser tes plaies, cajoler ton âme, chérir ton passé,
Le voir s'écarter pour que de ta vie libérée
Tu profites enfin sans être emprisonnée.
Que fait la jolie fleur tatouée?

Après un faux départ il y a toujours un deuxième départ.
J'ose y croire. »




(Agoria - Wrong Line)
Un commentaire:

il y avait ce "chanteur pour adolescents" : "Mais je remonte mon col J'appuie sur le starter Et je vais voir ailleurs, Encore plus loin, Ailleurs" Bonne route.
par paysages (2006-11-02 20:46:21)

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