| Un peu de... toi | |
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Mercredi 3 janvier 2007 - 11:09
L'an 2550 commence bizarrement. Saddam Hussein, Pinochet et James Brown sont morts, Jacques Crozemarie aussi, mais, contrairement aux deux premiers, pour lui, on ne sait pas de quoi, et on s'en fout un peu; il y a officiellement eu plus de soldats américains perdus en Irak que de victimes du 11/9, boum boum boum boum boum boum boum boum boum font les grenades et autres engins explosifs lancés dans les faubourgs de Bangkok, "c'est une bien mauvaise nouvelle" diront les bouddhistes hinayana, sincèrement attristés, stoiques, relativisant leurs peines avec sérénité, philosophie, ludicidé et un certain fatalisme, en se référant aux trois caractéristiques de l'existence selon le Dharma -- la Duḥkha, toute chose est insatisfaisante, cause de souffrance; l'Anitya, toute chose est éphémère, rien n'est constant si ce n'est le changement; et l'Anātman, la non-substantialité de la réalite: de l'atome à l'univers, tout est lié, rien n'a d'existence propre, indépendante. Non, ceci n'est pas un trip bouddhiste.
Déjà un peu à 12000 kilomètres de cette France et de ses habitants qui n'ont plus le temps de rien, sauf de s'observer au microscope, sans jamais penser à se remettre en question; loin de cette population de raleurs blasés dont le cynisme est devenu un art de vivre, et pour qui la sincérité est une notion indispensable chez l'autre mais surtout pas chez soi; l'esprit déjà à bonne distance de ce petit pays, loin du stress parisien, déjà loin de tout ça, à rêver d'un parcours qui devrait aller de Bangkok à Chiang Mai, de Chiang Mai à Chiang Rai, de Chiang Rai à Luang Phabang, de Luang Phabang à Vientiane, de Vientiane à Phnom Phen, de Phnom Phen à Ho-Chi-Minh-Ville, alias Saïgon, d'Ho-Chi-Minh-Ville, alias Saïgon à Hanoï, d'Hanoï à Kuala Lumpur et de Kuala Lumpur à Jakarta, comme autant de points de chute, de ruelles à explorer, d'ambiances à ressentir, de saveurs, d'odeurs et de couleurs à découvrir, la seule règle imposée étant de ne pas rester plus de dix jours au même endroit. Mais si les pensées sont déjà à quelques milliers de kilomètres, là, avec une petite fille de trois ans dans les bras, une petite fille que je pourrai contempler et écouter parler pendant des heures, une petite fille avec de graaaands yeux qui veulent tout dire, des cheveux d'ange et une bouille à pleurer, une petite fille qui fera, dans quelques années, des ravages dans la cour des écoles et le coeur des garçons, donc, avec ma petite soeur dans les bras, je me sens vraiment, pour une fois, simplement bien, chez moi. (Jill Scott - One is the Magic #)
Un commentaire:
Que te dire? La sincerite est importante en amitie, comme ailleurs. Quand il y a defaut de tout cela, et bien il y a clash. Mais, ami nouvellement boudhiste, ca n'est la qu'une approche personnelle. La remise en question, ce n'est pas non plus passe du noir et blanc au sepia, et ca prend du temps. Mais encore une fois est-ce l'endroit pour te dire ca?
par jean (2007-01-03 14:33:20)
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