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Mardi 23 janvier 2007 - 04:11
How to disappear (not) completly [ter]
Réaliser que, dans six jours, je serai, pour la première fois depuis presque dix ans, sans domicile fixe. Plus d'attaches, plus de trousseau de clés, plus de loyer à payer, plus de boite aux lettres, plus de factures, plus d'étagères remplies de bouquins, plus de piles de CDs éparpillés partout, plus de poubelles à descendre, plus de vieilles voisines aussi hargneuses que détestables. L'appartement est quasiment vide, le matelas posé à même le sol, la moquette sale et puante, les murs jaunes de tabac, les cartons faits, la demi-tonne d'encombrants sans valeur descendue sur le trottoir -et embarquée illico par une troupe de gars musclés aux forts accents de l'est-, les visas sont presque tous faits, la carte bleue couleur or avec assurance rappatriement histoire de commandée auprès de ma banquière préférée, le recrutement de mon “suppléant de confiance” suit -difficilement- son cours: les imposteurs et autres mythomanes sans expérience sont légion sur un marché du travail particulièrement fluide actuellement dans mon domaine.
Y penser sans y penser: à l'issue de ces trois mois loin à l'est, deux solutions se présenteront, repartir de suite, jusqu'à plus soif et manque d'attaches, ou bien retrouver celle qui, peut-être, m'attendra, probablement prendre une colocation, le temps de trouver où me poser là où je me sentirai bien, là où j'aurai envie de voir, revoir ou recevoir ceux que j'aime, là où je meublerai un espace vierge, en repartant presque de zéro, là où je finirai par adopter un chaton, ultime attache par excellence, voire pire, faire des bébés, ou pas. La première solution étant soumise à l'appréciation de mon cher employeur adoré, qui, l'air de rien, continue à me salarier comme si de rien n'était, vive le télétravail, internet, c'est génial©.

On verra.

Ah, et puis, entre autres à force de voir tous ceux que j'admire ou que j'estime, ceux chez qui l'écriture est plus qu'un talent, ceux qui arrivent parfois à me faire vibrer, ceux-là même qui ferment leurs blogs ou les mettent en veille les uns après les autres -huit victimes en moins de deux mois, une vraie hécatombe-, je vais “disappearer” à mon tour, au moins pour quelques semaines, faire une pause, voir si je pourrai me retenir d'écrire de publier, arrêter pour peut-être mieux recommencer, mais ne plus perdre de temps à structurer lire relire corriger relire corriger relire corriger relire corriger des notes qui ne sont que survolées -en particulier par ceux ou celles à qui elles sont parfois “destinées”-, ne plus m'emm*rder à partager de la musique que presque personne n'écoute, me borner à ne plus publier que quelques clichés de voyage, et, surtout, ne plus m'exposer ici, pardon, ne plus m'exhiber, au moins le temps de me ressourcer, ou de me (re)construire: la prise de conscience était bien tardive, mais la nécessité quasi-vitale d'abandonner les deux maîtresses auxquelles je m'attachais depuis bien trop longtemps était aussi essentielle, aussi indispensable que le besoin de sortir de ces cycles d'auto-destruction à petit feu, prévisibles, mais incontrôlables et tellement inutiles. Les tentatives de sevrage étaient nombreuses, et les quelques semaines qui viennent de s'écouler plus que difficiles, tu ne peux pas imaginer. Mais, à l'instant présent, le plus dur est déjà loin derrière. Oui, on dirait bien un tournant.

(Pink Floyd - The Great Gig In The Sky)

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