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admin




Vendredi 30 décembre 2005 - 02:32
Excité, épuisé, à peu près tout préparé;
Dans la rue, il fait -3°C;
Dans l'appartement, il fait 16°C;
Dans exactement 24 heures, il ne fera que 32°C.
Jeudi 29 décembre 2005 - 07:14
Temps de cerveau disponible: zéro.

Heures consacrées à régler ou temporiser un nombre indécent de problèmes administratifs, depuis le 26/12: 18.
À propos, si, un jour, vous deviez liquider une entreprise, n'oubliez pas de signaler ladite liquidation à toutes les administrations possibles et imaginables; sinon, quelques années plus tard, quand vous pensiez ne plus jamais entendre parler de ladite entreprise, vous aurez la joie de reçevoir, idéalement pendant la dernière semaine de ce joli mois de décembre, une splendide assignation, en bonne et due forme, réclamant, sommairement, des totaux à cinq zéros en euros. Vous demanderez un report, et devrez, plus tard, vous replonger dans une paperasse et un formalisme mis de côté depuis longtemps, à la cave, pour être plus précis, pour régler ce tout petit problème sans autres conséquences qu'une grosse perte de temps et le rappel de divers mauvais souvenirs.

H-33.
Temps de vol: treize heures;
Décalage horaire: six heures;
Préparation: juste un bagage cabine; de quoi s'habiller décemment pendant deux jours; une paire de tongs; deux appareils photo et accessoires; deux téléphones; le shuffle plein à craquer; les chargeurs de tous ces bidules éléctroniques; un passeport tout neuf; une carte visa; une trousse de toilette, aspirine, pilules de sommeil; à manger: Samuel Benchetrit - Récit d'un branleur, Lucia Extebarria - Aime-moi, por favor!, Jean Echenoz - Je m'en vais, Clélie Aster - O.D.C.; un bloc-notes; un stylo.

Heures consacrées à mon métier adoré, depuis le 26/12: 33.
Ô, responsabilités. Redondance, procédures, donné les clés du réseau, et quelqu'un de confiance à portée en absolu dernier recours; je pars tranquille, mais joignable.

Contact: rétabli, veillons à ce que ça dure;
« Il neige, c'est opportun mais imprudent »;
Un bon millier d'autres choses et quelques promesses: plus tard.

Meilleurs voeux.
Lundi 26 décembre 2005 - 11:15
Caroline


À 7200 mètres, sur une mer de nuages, je plane.
Excusez-moi, mais vous êtes toujours aussi nerveux?
Oui, mais un joli sourire comme le vôtre et ces quelques minutes d'attention m'apaisent plus que tout. Elle me parle de son métier, d'apuncture, d'Asie, de médecines douces. À l'arrivée, je lui dis simplement merci. Faire du ciel le plus bel endroit de la terre? C'est réussi.
À 7200 mètres, sur une mer de nuages, je plane en écoutant Venus.
En toute insouciance.
Lundi 26 décembre 2005 - 00:09
Déviations


(fiction)
Elle n'a pas de prénom. En apparence, elle est froide, de glaçe. Belle. Majestueuse. Femme. Terriblement attirante par sa perfection, mais.. si distante, et, paradoxalement, chaude, chaleureuse. Ce que je sais d'elle? Pas grand chose. À vrai dire, rien. Ah, si: elle ne se pose pas de questions existentielles, n'a pas d'angoisses, ou ne les affiche pas. N'a pas de projets dans l'immédiat. Vit en toute simplicité, se laisse porter, et c'est tout. Je n'ai pas envie d'en savoir plus, ce seul regard aura suffi.

(réalité)
Ce soir, dimanche 25 décembre 2005, j'ai revu mon premier amour. Parlé de notre premier baiser, il y a tout juste dix ans moins quelques mois, dans la cage d'escalier d'un immeuble strasbourgeois. Elle me dit ne l'avoir jamais oublié, qu'elle en a toujours envie. Elle n'a pas changé. Juste évolué, c'est dans l'ordre des choses. Plus que jamais souriante, vivante. Et c'est contagieux. On flirte. Peut-être un besoin mutuel de tendresse, de chaleur; mais non, ça ne pouvait pas se passer autrement, c'était évident. Plus tard, elle me soufflera à l'oreille que c'est la première fois qu'on l'embrasse de cette façon, dans le cou, avec cette délicatesse et cette sensualité dont j'aime tant me vanter. On se recroisera. À Strasbourg, Paris, Bruxelles, Barcelone ou Berlin. Quand? Aucune idée.

(confidence)
Je me sens bien. Mais tu me manques. Merde, tu ne peux pas t'imaginer à quel point tu me manques.
Samedi 24 décembre 2005 - 03:56
Message personnel
Je te paraphe: j'aime bien ce que tu écris et comment tu l'écris. Point. Et ça, ça ne risque pas de changer: question de style. Et d'affinités, même passagères ou non symétriques. Point. Je continuerai à te lire tout comme d'autres me lisent en étant supposés m'avoir "sorti de leur vie" - va comprendre. Point.
Tu le sais, tu ne m'as pas non plus laissé indifférent. Point. Et puis tant pis. Point.
Après, on a parlé de relation amicale et sans ambiguités. Point. Je répète: amicale et sans ambiguités. Point. Et là, maintenant, je n'ai pas la moindre putain d'idée de ce que tu as bien pu comprendre, lire, entendre ou interpréter qui aie pu te marquer à ce point pour provoquer cette réaction.
Tu ne veux pas me parler de ces /choses/, d'accord, mais je ne sais pas à quoi tu fais allusion, et ça, oui, ça me blesse, vraiment, infiniment plus que d'entendre quelques vérités désagréables et/ou autres malentendus. Point.

Et puis merde. Insignifiance.

Blue pill. Méditer sur cette attirance systématique envers les âmes plus agées que moi. S'endormir en écoutant les huit premières minutes de l'adagio en G mineur d'Albinoni. Noyez Joël. Joyeux Noël.
Vendredi 23 décembre 2005 - 18:52
Orly ouest. Circulation étrangement fluide. Plus de deux heures d'avance. Pas de Wifi par ici. Merci, monsieur GPRS. Je suis en pleine descente, plus violente que violente; pas l'habitude. Portable sur les genoux, des milliers de personnes autour. Indifférence. Effervescence. J'ai envie de prendre des photos. Dans quelques heures, je me dis que je serai à 550 kilomètres plus à l'est. Chez moi. Enfin, dans un de mes chez moi. J'en ai eu trois à l'est. Là bas, une chambre, la mienne. Construite spécialement pour moi il y a quinze ans. Personne d'autre ne l'a utilisée. Personne. Elle ne sert qu'une fois par an.
Le seul endroit au monde où j'arrive à dormir correctement.
Ma soeur a aussi sa chambre. Exclusive.
Poussez-vous, Monsieur.
Alerte à la bombe. Ca arrive qu'à moi. Féliciter notre chère police nationale et nos chers services militaires pour l'évacuation parfaitement erratique et totalement inorganisée des quelques milliers de personnes présentes dans le hall 1 de l'aérogare. Attendre. Entendre. Les gens autour pestent comme des porcs. Ils doivent penser que ça ira plus vite.
Au coup de sifflet, bouchez-vous les oreilles.
BOUM.
Attendre.
Entendre, toujours les mêmes gens.
Cohue.
J'avais deux heures d'avance, j'arriverai avec deux heures de retard. Bien joué.
À l'arrivée, on viendra me chercher en Jaguar.
Mercredi 21 décembre 2005 - 07:01
Salut ! Je suis le lobe préfrontal de Valentin. Il m'a exceptionnellement autorisé, et uniquement pour ce soir, à commettre ce texte à sa place. Il m'a tout d'abord demandé de m'excuser auprès de vous, chère lectrice, de toi, cher lecteur, pour ces derniers jours d'abstinence. Non, il n'a pas fait d'overdose, il n'a pas non plus rencontré quelqu'un, n'est pas non plus tombé amoureux, encore moins gravement malade, à part ses habituelles et brutales pharyngites, bronchites et autres saloperies en -ite, hivernales, couette-grog-tv-dormi tout le week-end.
Il n'a pas non plus brutalement arrêté d'écrire, on lui a de toutes façons bien dit qu'il ne pouvait pas, même si dans le fond, je crois, de mes modestes intuitions de lobe préfontal, qu'il est capable, du jour au lendemain, de disparaître quelques jours, quelques semaines, quelques mois, sans le moindre préavis ni la plus élémentaire correction envers ses lectrices et lecteurs.
Il n'est pas non plus littéralement mort de à la vue de tout ce bonheur étalé un peu partout en cette fin d'année, qui deviendrait presque indécent. Et puis, il y a aussi des choses qu'il n'a pas envie d'écrire, mais il disait bien qu'il n'écrivait pas tout, non ?

En pratique, de mon point de vue de lobe préfrontal, je crois savoir qu'il persiste à admirer les jolies filles dans le métro (mais toujours pas après Télégraphe), les beaux garçons aussi (mais pas après République, tiens, à ce sujet, il m'a demandé de transmettre un message personnel visiblement important, vu son insistance, je n'ai pas compris, mais je retranscris texto: je ne rentre pas dans ton jeu, tu n'as -rien- compris).
A part ça, je crois qu'il continue de chercher à découvrir des choses bizarres, musicalement évidemment (en l'occurence, sa pile de CDs période pré-adolescence-dance retrouvés au fin fond d'un carton, et une bonne cinquantaine de nouveautés agréablement sucrées, dont il mettra une sélection sur le radio.blog de décembre, avant fin décembre - le cortex auditif me souffle d'ailleurs qu'il a adoré Interpol, toujours un train de retard ce Valentin).

Attends, une seconde, ici le thalamus sensoriel, excuse-moi, ce con vient de prendre une pilule bleue, je crois que ses crises d'angoisse sont de retour. Bzzt. Je pensais qu'il n'y avait plus que les corps chauds qui lui permettaient de passer ces moments, qu'il éviterait autant que possible les pilules bleues. Bzzt. Ici le lobe préfrontal, les neurones agglutinés autour de moi font des mouvements bizarres, je suis parasité. Bzzt. Ah. Enfin, je peux aussi le comprendre, mais quelque chose me dit qu'il pense trop à ses impôts et autres petites choses pratiques, n'entend pas assez parler de /technique/ - ça le détend -, et impatiente de faire ses 21000km aller-retour pour aller se dorer la pilule sur une plage de sable fin avec soleil, océan tout bleu, cocktails à volonté, massage des pieds (OK, pas crédible pour les pieds), et brûler de la pellicule au kilomètre. Bzzt. Voilà! J'en étais où. Ah, ça revient.

Mon collègue le cortex temporel me demande d'ajouter une phrase entendue ces derniers jours : ne vous présentez pas, je sais qui vous êtes. Il me parle aussi de ce collègue qui demandait à Valentin si il connaissait les Kaiser quelque chose, et si il pouvait mettre un certain titre, Everyday quelque chose, je n'ai pas le bon neurone à portée pour retrouver le titre exact. Je crois que Valentin a souri à cet instant précis. Il me dit aussi qu'il pestait sur Orange, en panne de GPRS dans le carré Etienne-Marcel-Réaumur-St-Denis-Montmartre, juste quand il en avait besoin, qu'il conchie la technologiemoderne et autres technodépendances, même si au fond il adore ça.
Bon, il a visiblement des choses à dire, ce cortex, je vais lui laisser ma place, ça sera plus simple.

Hem.. Bonjour, je suis le cortex temporal de Valentin. Je ne me présente pas, vous savez qui je suis.
Il m'a chargé de retenir quelques pensées, mais j'ai visiblement vexé le lobe préfrontal, elles seront donc décousues, en vrac et sans contexte :
.Réflexion sur la grande variété des sujets de conversation possibles après avoir été prié de ne plus parler de vie privée. Alors, qui descend les poubelles ? TF1 ou M6 ? Jap ou pizza ?
.Je t'ai menti: je sais très précisément ce que je ne veux pas, et très exactement ce que je veux.
.Revu un ex-employeur pour dépannage haut-la-main et orgie arrosée. Je ne sais plus où on a dîné; mes acidités habituelles font sourire; premier ex-employeur avec qui je reste en bons termes, il aura fallu quatre ans pour arriver à une relation normale, simplement amicale. Je retrouve sur un autre blog un texte très dur, écrit à l'époque. Certaines choses ont visiblement changé. Sourire. Bien tenté, le CV, P.
.Une note cerclée : quatre jours, deux heures. Le lobe préfontal veut pas me donner le contexte. Saloperie.

Mais! Le lobe temporal me coupe la parole!
« Nous demandons à tous les connaisseurs ou spécialistes du cerveau humain de bien vouloir excuser les erreurs, énormités et autres approximations présentes dans cet article, le sujet est absolument passionnant, mais vraiment très très long à appréhender correctement pour nous, pauvres neurones. »
Interruption. L'aire pré-optique ventro-latérale ordonne au corps de dormir.

(non, je n'ai pas pris de drogues ou autres substances, ceci est un simple exercice de style, et je serai particulièrement ravi de voir, en commentaire ou sur ton blog, cher lectrice, cher lecteur, un texte, même court, écrit de ta plus belle plume, avec comme seule et unique contrainte l'utilisation du point de vue d'un membre/organe -- et ne me dis pas qu'il n'y a rien à dire, ni que c'est sordide -- et si plus de 2 personnes se prêtent au jeu, j'implémente les trackbacks dans blogapart avant 2006, oui oui)

(edit: c'est par là et aussi par ici)
Vendredi 16 décembre 2005 - 23:59
À 23h59, Eve fait semblant de dormir.
À 23h30, deux gars jouent aux cartes place des Fêtes.
À 22h, il n'y a plus de rhum.
À 21h, le humus devient une drogue dure.
À 20h, Eddy sort sa bouteille de rhum.
À 19h30, j'ai très envie de voir Immortel Ad Vitam, le Bilal.
À 16h, j'ai envie de calme, de chaleur, et de douceur.
À 15h, je me sens vide, vidé, déphasé, vraiment malade, pas radieux, juste heureux.
À 13h, à Belleville, je n'ai jamais vu autant de souris sur le quai de la ligne 2.
À 10h, je devais vaguement dormir.
À 7h, j'ai rêvé de la lune, et d'un corps chaud.
À 5h30, je laisse un flyer devant la porte de ma vieille voisine relou. Un poster d'Elvis.
À 5h, dans le taxi, « Christ vous appelle ». Chacun sa merde. Je donne l'adresse, déballe l'iPod.
À 4h30, je croise un black en kilt qui a perdu ses couilles; il demande partout autour de lui si quelqu'un a vu ses couilles; il a l'air heureux, même sans ses couilles.
À 4h, vire tes pieds du canapé, s'il te plaît.
À 3h30, Bonobo remixe Bonobo, merci, Dieu Bonobo.
À 3h, Bonobo remixe DJ Shadow, qui remixe Giorgo, merci, Dieu Bonobo.
À 2h30, ça commence sur un air de tango, je repense à l'inconnue, merci, Dieu Bonobo.
À 2h, un dealer de c se fait sortir, en toute discrétion. Ben ouais, fallait pas en proposer au monsieur avec un brassard jaune et une oreillette.
À 1h, Wax Tailor finit sa prestation. Décevant.
À 0h30, je rêve de m'installer rue Montmartre.
À 23h, Melotones -décevants- et dîner chez Richard. On parlera de Thaïlande.
À 21h, je me dis qu'un gars qui renifle, dans le métro, en cette saison, ça passe complètement inaperçu.
À 20h30, on sonne. Tu te souviens, je t'avais promis quelque chose.. Déclic. Clic. Clac. Clic.
À 20h, méchamment enrhubé, violemmement fatigué, inéluctablement fièvreux; grog, doliprane, couette & TV.
Jeudi 15 décembre 2005 - 01:18
Réveil en retard, c'était évident. Le chat dort toujours contre moi. Lové.
Courir pour attraper le bus. Remercier le chauffeur. Ne pas retrouver son souffle. Ne plus sentir ses jambes. Sensation inconnue. Tomber. Blackout.
Quelques secondes, quelques minutes. Rouvrir les yeux. Je suis allongé par terre. On m'observe. Le bus est à l'arrêt. Place de la porte des Lilas. Tout va bien, merci.
Le théâtre m'appelle: c'est complet. Réservation le 16 janvier. Dernière représentation. Arriver au bureau. Trop de monde. Humeur exécrable. Ca a pas l'air d'aller, Valentin. Non, je ne supporte personne aujourd'hui, même pas moi-même. Ne me parlez pas. Début de migraine et courbatures perceptibles. Il est midi.
On m'offre une tulipe rose. J'appelle Raphaël. Il fête ses trente ans, seul, à Amsterdam. La nuit tombe. Je suis triste.
Encarnation est née en 1969. Wilfried lui a offert son premier téléphone portable. Tous leurs amis sont là. Tous parlent espagnol. La serveuse parle espagnol, vient de Barcelone. Il n'y a plus de pain. Eva fait mijoter un homme. Je lui donne rendez-vous au Triptyque. Elle me demande de ne pas faire trop de bruit dans la rue des Jeûneurs. Sophie me parle d'un appartement porte de Bagnolet. Tristan a trouvé du travail. Myrtille me parle d'un appartement au 101, rue de Charonne. On finit au 93, rue Jean-Pierre Timbaud.
Mardi 13 décembre 2005 - 17:11
Demain, c'est l'anniversaire d'Encarnation; j'ai envie de rase campagne; ils ont eu des difficultés pour trouver une veine dans son bras; Britney Spears dans ma playlist, après Mr Oizo et avant Rammstein; réservation à l'Aktéon; un taxi blanc remonte le boulevard, à toute vitesse, en marche arrière; on m'aborde dans la rue, je repars avec une calligraphie Amour; J-17, je n'ai pas de passeport; bug de merde dans l'agrégateur, aléatoire et impossible à reproduire, les pires; je ne te parlerai pas de technique, sauf pour te détendre, éventuellement.
Ca va.
Lundi 12 décembre 2005 - 22:44
Ce matin, au bureau, on a reçu, par la poste, un vagin artificiel. Ne me demandez pas pourquoi. Étrange objet, dissimulé dans une imposante lampe torche grise, cheap; fou-rire général à la vue de la chose; ils disent que ça sent la pâte à modeler Play-Doh et la barbe à papa.
Il fait 30 degrés dans le bureau; je veux déjeuner en tête-à-tête avec ma solitude; un verre de vin, charolais, café, libé; pas un mot sur les zombies insurgés.
Un collègue me parle de son week-end: chasse aux pommes de pin, en famille, dans le parc des Buttes-Chaumont; je lui souris, lui parle de mes récentes expériences, avec distance, et un tout petit peu de passion.
Fanny voulait me faire imaginer un lac couvert de lotus bleus; c'est bientôt la saison des floraisons; mais attention au paludisme.
Cigarette. En face, au 61, boulevard Sébastopol, un homme danse avec un balai; à côté, au 59, une dame suit les instructions de son kiné; plus haut, toujours au 59, un groupe d'hommes en costume, attablés, qui discutent très sérieusement. Une somptueuse limousine passe, sous bonne escorte. Au pied de l'immeuble, un couple s'embrasse amoureusement.
En remontant le boulevard Voltaire, sans animosité aucune, je repensais à ce thé, au goût délicatement amer; je n'ai pas l'habitude de ces fins de non recevoir brutales. Je te parlais de /transparence/, d'autres, en toute neutralité, disent con de naissance; condoléances.
Un verre de Chardonnay; conversation éclair, pas tant que ça; je commence à te comprendre; encore le Polichinelle.
Déposez-moi là. L'appartement est vide, silencieux, froid. Le chat miaule. A quoi bon ?

Je grignote un sucre d'orge.
Sourire persistant.
Lundi 12 décembre 2005 - 04:57
Tango & sucre d'orge
Sourire anxieux; cinq minutes de retard; suivi ou poursuivi par Portishead, je ne sais pas, quoi qu'il en soit, All Mine m'accueillera au Divan. Très précisément six étages plus haut, le souvenir de Nathalie, de sa minuscule chambre sous les toits, de la vue sur la basilique du Sacré Coeur, à l'autre bout de Paris; j'y repense, oui, encore ce passé, toujours ce même passé, mais c'est pas ça qui, tour à tour, nous détruit, nous construit, nous affaiblit, nous renforce, nous rend simplement conscients, ou vivants ?

Sur ma table, un verre de Martini blanc, un téléphone, un paquet de Lucky, un briquet jaune, un carnet bleu, une feuille volante pliée en quatre, un crayon noir, un livre: Evguénie Sokolov, écrit par un certain Lucien Ginzburg; j'en reparlerai le 2 mars.

J'attends une inconnue; une inconnue à la voix terriblement sensuelle, dont je ne sais rien de plus que le prénom, quelques détails et une très vague description physique; une inconnue curieuse, ayant pris l'initiative de cette entrevue; donne moi une seule raison de refuser; posté face à l'entrée, je vois une dame passer, s'accrocher au zinc, demander un verre de vin, trépigner une vingtaine de secondes, se plaindre d'un service trop lent; son verre arrive; elle repart, furieuse, en claquant la porte; frémissement; je retourne à mes notes, ce n'était pas mon inconnue.

Tiens, Elle est là, juste devant moi, facilement reconnaissable. C'était évident. Maintenant, sur notre table, une paire de lunettes aux montures noires, un second paquet de Lucky, un sac à main noir, un verre de vin rouge. Je me sens dominé, analysé.. nu. C'est troublant.

- Pourquoi tu écris ?

La bonne question, si bonne question il y a, serait plutôt pour qui ?; Elle me parle d'autres carnetistes; s'étonne que personne ne m'aie déjà proposé ce type de rencontre; me dit mélancolique, c'est acquis; ambigu, oui, chaque virgule, chaque majuscule a son importance; décousu, définitivement; et je ne suis ni gai, ni gay; parenthèse; simplement curieux, d'autres s'en sont rendus compte à leurs dépens; paradoxalement, à cet instant précis, je réalise savoir très exactement de qui je pourrai, ou voudrai, tomber amoureux; fin de la parenthèse. Je dois déménager, c'était patent; une question d'équilibre; vital, crucial, nécessaire. Sourire instinctif.
Évocation d'autres dépendances; maintenant, tu sais. --- Stupeur et tremblements: un profil familier fait son apparition; Solenne, trait pour trait; je ne veux pas l'affronter; pas ici; pas maintenant. Ca ne sera pas nécessaire, la ressemblance n'était que frappante.


[...]


[...]


Quelques dizaines de mots et de minutes plus tard, je n'ai plus la désagréable impression d'être...
Dimanche 11 décembre 2005 - 02:47
Anxieux, avec deux "X". Et pour cause, quelques heures plus tôt, je me rendai compte, pour la deuxième ou troisième fois de ma courte vie, avoir simplement le trac. Trac, avec un grand "T". Le vrai, le grand, celui qui vous rend tout patraque, vous vole vos mots, sans la moindre retenue, sans la moindre distance. Aucun respect; d'ailleurs, c'est quoi, le respect, pour toi ?

Retard. La faute aux couloirs de Saint Lazare, trop étroits pour la foule Francilienne.
"Le premier arrivé attend l'autre". C'était évident.
Tiens, il est là, facilement reconnaissable. C'était évident.

Quelques dizaines de mots et de minutes plus tard, je n'ai plus la désagréable impression d'être face à un inconnu déniché sur un site de rencontres en ligne.

Décalage de passions, décalage d'univers, il est, dans l'ordre, comédien, passionné, Parisien, n'a pas voulu être Père Noël, aurait pu être mon grand-père.

Maintenant, cette encre n'a jamais été aussi brillante, le vin me monte à la tête, l'Appartement se remplit d'âmes.

Bascule,
Advienne que pourra.
Dimanche 11 décembre 2005 - 02:22
Asnières-sur-Seine; appartement familial.
La dernière fois que j'ai vu ce genre de surfaces, c'était à Angers, chez mes beaux-parents de l'époque. Il dit en être locataire, n'y avoir dormi qu'une dizaine de jours en un an. J'ai du mal à le croire. Nourriture et boissons dans chaque pièce, pour l'occasion. Moulures, parquets, c'est tout blanc, propre, immaculé, il y a peu de meubles. Si il ne déménagait pas dans trois jours, je lui attribuerai un certain goût des surfaces planes, vierges, un certain attrait au minimalisme, une certaine culture très zen. Je pourrai m'y sentir chez moi.
Avant de partir, je remarque, sur la bibliothèque, dans l'entrée, trois exemplaires du même livre : Les Mains Sales de Sartre. Je m'attarde sur quelques pages de La Vie Moderne de Ravalec.
Fin de l'acte.
Samedi 10 décembre 2005 - 15:41
No Diet Pill
A fleur de nerfs, à bout de peau, les 90 minutes de sommeil et les imprévus de ces deux derniers jours y ont certainement contribué. Cette nuit je rêvais d'une réunion, d'un théâtre, d'un talk show, d'une soirée, d'un appartement, je ne sais plus, c'est flou, mais il y avait beaucoup de monde. Un homme échangait avec le public, qui se prend au jeu, finit ses phrases, répond à ses questions. A un moment, en réponse à quoi, je ne sais plus, je lui crie "Merci". Tous les visages se retournent, me dévisagent.
Dix heures de sommeil, bip; le réveil sonne à 11h; je me rendors sans retrouver mon rêve; fin de l'acte.

Visite imprévue. Merde. Interruption volontaire des programmes, on devait y arriver; exaspération, rage, fureur, folie, colère, un peu de tout, je ne sais pas, je ne sais plus, il n'y a pas de haine, c'est juste devenu terrible et incontrôlable; le souvenir d'objets inertes jetés contre les murs, d'un appartement dévasté. Elle est en état de choc, éléctrochoc. Maintenant, le chat ne miaule plus, mais qu'est-ce que ca change, au fond ?

Probablement ni thé ni café aujourd'hui; en fin d'après-midi, je rencontrerai un inconnu, plus tard, d'autres inconnus; ce n'est pas ce que tu penses, ça a la forme d'un jeu de curieux, je n'avais pas vu le lien avec le rêve de cette nuit. Un jeu d'improvisations, je ne sais absolument pas à quoi m'attendre, il m'effraie, pas l'inconnu, mais l'écriture courte, sans ordinateur, et surtout sans ces nombreuses heures que je passe à lire, lire, relire. Patraque, j'ai le trac.
Vendredi 9 décembre 2005 - 03:37
Paris Carnet rime une deuxième fois avec trop stressé. Un peu d'une histoire de thé, de /sucker/, et de quelques autres ondes un peu trop acides, arrivées sans que je leur demande quoi que ce soit dans le courant de l'après-midi. Saloperie de mauvaises ondes. Peut-être qu'un jour j'arriverai à les contrôler, ces mauvaises ondes, à les garder à bonne distance, à ne plus les laisser me déstabiliser au plus mauvais moment, ou à simplement les ignorer. Qui sait.

Alors, forcément, effet de bord, je me trompe de rêve, je me trompe de métro, on finira à pied, et puis faut bien aller voir au moins une fois à quoi ressemble la Passerelle.
Après, le plus dur est de ne pas repartir, presque découragé à l'entrée, mais c'est vrai, qu'est-ce que je viens faire là.. Arrivé, jamais je n'aurai autant tremblé, ça me surprendra. Tiens, une table à l'écart, une seule chaise, mon rêve secret, aucun invité ne s'invitera sans bonne raison. Et forcément, je me mets à écrire; pour une autre note.

- Tu fais table à part ?
Non non, je m'habitue à l'atmosphère. Sous-entendu, tu m'emmerdes, sois gentil, repasses tout à l'heure [si tu te reconnais, ceci est probablement à prendre au second degré].

Plus tard, je me rendrai compte qu'on attire beaucoup plus l'attention en prenant une veilleuse avec soi; que la bière est effectivement immonde, l'entrecôte altermondialiste pas trop mauvaise; encore plus tard, que ma table attrape-tue-mouches semble fonctionner à merveille; une mouche l'évitera d'ailleurs de justesse; un certain Matthieux, mais sans les fautes, viendra m'y proposer un nouveau jeu; le jeu me plaît, j'accepte en bon curieux; parenthèse astreinte, ça tombe toujours au bon moment, j'aurai dû prendre un portable; juste avant ton texto, je te faisais un signe de la main: viens, sous-entendu, à ma table attrape-tue-mouches, qu'on cause deux minutes; plus tard, finir sur des histoires de mer à cette même table; retrouver Lhasa sur le dernier verre; remercier le taxi de passer le live de Portishead en lieu et place des habituels France Info, Nostalgie et autres Chante France.

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Et comme prévu, de mes notes, j'écarterai soigneusement quelques autres petites choses du domaine privé, trop brutes ou sans contexte -trop compliqué à saisir-. Instants insignifiants, je prends mes distances, ca passe loin là-haut, la fille aux démons me l'a si bien appris, c'était de l'autodéfense, même si je sais maintenant qu'il n'y a rien de plus agressif que le silence. D'autres instants simplement pathétiques, les mots m'échappent, c'est certainement mieux comme ca. Et puis, tu sais, la /guerre/ dont tu me /parlais/, tu devrais peut-être commencer par la faire à tes démons, tant que tu n'as pas trouvé la clé, cette fameuse clé du repos de l'âme et du coeur; à ta première /défaite/, tu comprendras certainement qu'en plus de te tromper d'adversaire, le plus dur, c'est pas vraiment la chute, ni même l'atterrissage: remonter, c'est très facile, c'est humain, instinctif, un simple réflexe de survie; non, le plus dur, tant que tu n'as pas trouvé cette putain de clé, c'est juste de ne pas te laisser retomber encore plus bas, encore plus violemment, encore plus fort, la fois d'après.

Flashback, parenthèse.
Ce matin, à 10h28, tu me disais que vivre, ca veut dire repousser continuellement loin de soi quelque chose qui veut mourir; que vivre, ca veut dire être cruel et impitoyable envers tout ce qui chez nous faiblit et vieillit.
La citation ne me fait plus sursauter, ni même grésiller, ca a l'air si loin, maintenant; à l'époque, il me chantait que le jour viendra où je pourrai en mourir de rire: ce jour est arrivé, il y a quelques mois déjà.

(Lamb - B.Line, remixed)

Jeudi 8 décembre 2005 - 23:21
Référence de la réservation: 2****I
Noms des passagers :
Mr Valentin B

Vol aller: Aeroport Roissy Charles de Gaulle, Paris vers Bangkok
Compagnie: THAI AIRWAYS INTERNATIONAL
Numéro de vol: 931
Terminal de départ: 1
Départ: 30/12/2005 13:30
Arrivée: 31/12/2005 06:30

Vol retour: Bangkok vers Aeroport Roissy Charles de Gaulle, Paris
Compagnie: THAI AIRWAYS INTERNATIONAL
Numéro de vol: 930
Terminal de départ: 1
Départ: 14/01/2006 00:05
Arrivée: 14/01/2006 06:45

-- I can fly

(Lamb - Gabriel)

Mardi 6 décembre 2005 - 23:30
Là, rue Jean-Pierre Timbaud, en pleine nuit et en pleine rue, tu bois ce que tu penses être ton dernier verre, dans un froid revigorant, devant ce -trop- chaleureux bar, minuscule ilôt dont le nom t'échappe, sans soupçonner qu'il ne sera pas le dernier point de chute de la soirée. Tu te sens bien; tu ne sais pas encore ce qui t'attend.

Quelques heures plus tôt, vendredi selon tes souvenirs, tu discutais de tout et de rien, de Portugal et de Brésil, de vie et de mort, de sociétés et de cultures, avec tes très ouverts voisins de table du Cannibale; quelqu'un suggère un aller-retour sur la côte, plus au nord, avant le retour au pays de Cristina, prévu au cours de la soirée du lendemain. Bonne idée.
Dans le message que Julio laissera au petit matin, tu distingueras le bruit des vagues; tu repenses alors à la description de cette philosophie de vie, envieux, non, justement, tu ne sais trop quoi en penser.

Depuis, sans trop savoir pourquoi, tu hibernes. Tu ne peux pas écrire: tu n'as pas pris de notes récemment; tu réalises n'être pas sorti de chez toi depuis bientôt quatre jours, avoir éteint ton téléphone depuis à peu près aussi longtemps; un peu comme une énorme gueule de bois de quatre jours; alors, tu prends un peu de temps pour toi, tu travailles, tu remets du coeur à de vieux projets, tu ne feras pas de /teasing/, tu n'as jamais réussi à tenir une /deadline/; de temps en temps, tu vas lire les autres; tu souris de certaines coincidences, c'est petit Paris; tu te dis que tu irais bien le prendre, ce thé, et que tu choisirais certainement le musicien, par conviction, et pour la passion. Mais un qui sache écrire.

(Terranova - Plastic Stress)

Vendredi 2 décembre 2005 - 03:40
48° 51' , 2° 20', 48.863 , 2.349


Sous un ciel d'orage, tout devient d'un coup beaucoup plus évident. La tour Montparnasse était donc à l'origine de ce reflet de reflet de rayon de soleil; éviter au possible de réutiliser ce jamais, même tempéré par un certainement, certains instants insignifiants ont parfois tendance à se reproduire; s'émerveiller de ces insignifiances.
Vendredi 2 décembre 2005 - 01:54
Montparnasse; tu y étais justement au moment précis où je sortais de ce restaurant rue St Anne; pour Yakiniku, il faudra réserver; plus tard, c'est étrange, ce n'est pas comme d'habitude, et je m'attendais à tout, sauf à une conversation si longue; non, pas d'extravagances ce soir, je suis fauché comme un premier décembre; mais où est donc passé ce petit quelque chose qui me terrifiait ?

Avant, en passant là, hasard orienté pour cette rue qui fut une adresse pendant quelques mois; déménagement anticipé, le voisin du dessous était venu tester une barre de fer sur la porte de mon appartement, complètement dénudé, à une heure plus que tardive; il travaillait pour Cap Gemini; puis, mes premiers mois en couple rue Jean-Jacques Rousseau, quantité de bons souvenirs, d'autres plus sombres, la passion aura duré un peu plus d'an, le reste quelques mois; je te parlais de cette fille; de ce minuscule studio avec cuisine américaine, de cet escalier étroit qui sentait le vieux bois, de ce vis-à-vis de deux mètres et de la cour sombre qui résonnait de nos ébats; je repenserai à tous ces souvenirs, toutes ces anecdotes, sans me douter que cinq minutes plus tard, et quelques centaines de mètres plus loin, je croiserai le père de la fille, inchangé depuis notre dernière rencontre, un air de profonde tristesse et de sérénité imperturbable, plongé dans ses pensées; il ne me reconnaitra pas;

Changement de contexte. Plus tôt, on se dira avoir de sérieuses affinités musicales, et être ouvert absolument à tout, hors propositions indécentes; j'aime beaucoup ce feeling.
Jeudi 1er décembre 2005 - 16:29
Là, à 21h05, l'objet de mon entrevue est en retard; je regrette de ne pas avoir pris de quoi écrire, et puis les odeurs et la musique en ce lieu pourtant pas choisi par hasard me rappellent terriblement la fille aux démons.. surtout les odeurs. En face, un couple s'attend; à la vue de leur très maladroite accolade, je déduis facilement qu'ils se rencontrent pour la première fois; insignifiance; en apparté, bonjour Julien; ah, tu es nouveau ici, bon courage, alors, insignifiance; état des lieux, états d'esprit successifs : tendu, simplement anxieux, place au doute; téléphone;

Tu as oublié quelque chose ?
- Oui.


Réaction, décéption, constatation : contrairement à ce que je pensais jusque là, je suis maintenant à peu près certain d'avoir vraiment envie de ce rendez-vous. Sans rapport toujours, à côté, je lis que l'amour chimique, hormonal, ne durerait scientifiquement qu'un an; alors ca serait peut-être ça, l'explication suprême ?

Après, c'est confirmé, toutes les jolies filles descendent au plus tard à Télégraphe; les autres lisent Marc Levy jusqu'à la place des Fêtes; à cet instant précis, j'ai envie de me perdre dans l'Appartement de Noir Désir.

Le lendemain, premier décembre, coup de fil de fil anodin, ca me fait plaisir de t'entendre; ah, tu ne pourras finalement pas partir à Bangkok pour la date convenue; d'accord, c'est gentil de prévenir trois semaines à l'avance quand c'est planifié depuis plus de trois mois; maintenant, c'est pas que l'idée de partir seul me refroidisse, quoique. Même si on ne devait se voir que pendant la première semaine, du coup, à chaud, là, je me demande si j'ai encore vraiment envie d'y aller. Et de songer que Bagdad ne serait pas forcément une mauvaise destination pour ce réveillon.

Et, plus tard, de repenser à cet effet de lumière que je ne reverrai certainement jamais, saisi du haut de mon cinquième étage, un tout petit instant insignifiant que je n'ai pas pu photographier; contexte : les toits de Paris, coucher de soleil, ciel plus que sombre et particulièrement nuageux; en face, auréolé d'un petit carré de ciel curieusement bleu, un immeuble avec terrasse verdoyante, et, au sommet d'un long piquet, une antenne râteau de TV "analogique", rendue littéralement incandescente par le hasard d'un reflet de reflet de reflet de rayon de soleil couchant, qui n'avait absolument rien à faire par là. Pour une fois, la première, je n'aurai pas eu de difficultés à trouver une légende; insignifiances.

L'expérience de ce matin me confirme que je ne maîtrise absolument plus rien de ce regard; tu me dis sauvage, je te réponds qu'il est 15h40, que j'ai déjà bu plus que de raison pour un jour de semaine - digestif kurde m'a tuer - et que cette nuit, j'ai rêvé avoir du sable dans mes chaussures.

C'est qui Sponge Bob ?
- Ben.. euh.. une éponge géante toute jaune avec une cravate rouge.
Jeudi 1er décembre 2005 - 15:03
«Et quand elle les jeta de côté, ce fut avec le même geste magnifique qui semblait anéantir toute une civilisation.»


capture d'écran
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