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admin




Vendredi 27 avril 2007 - 22:09
Dans la rue, au loin, quelqu'un siffle trois fois, trois sifflements furtifs, aigus, pressants. Immédiatement, nous voilà enfermés dans ce café, rideau de fer baissé, musique et conversations suspendues, sourires interrogatifs, à l'image d'un silence compris ou surpris, clic clac, quelques dizaines de secondes plus tard, le rideau de fer se relève en musique, sourires entendus, les conversations reprennent, plus animées que jamais, insouciantes, malgré le passage bien peu discret d'une patrouille de police chargée de faire respecter le couvre-feu à cette heure tardive, bienvenue en République Socialiste du Viêt Nam.

Dans cette capitale qui se couche tôt, très tôt, les rues sont désertes après minuit et les boulevards vides après, tout se passe à l'abri des regards, laissant les faubourgs habituellement grouillants dormir paisiblement, dans une brume inquiétante, aux seuls échos des balayeurs travaillant de nuit, des quelques chantiers, des très fréquents et très bruyants combats entre chats - d'une violence parfois fatale, et des éternels klaxons.

À coucher tardif, éveil aux aurores, au rythme des amateurs de Tai Chi, à cinq heures trente précises, et d'une population qui se promène de bon matin, puis toute la journée, en pyjama - des pyjamas de soie partout, roses, bleus, à motifs, fleurs, oursons marrons, étoiles ou petits coeurs, accroupis ou assis sur des tous petits tabourets. Puis, petit à petit, le bourdonnement d'une circulation monstre devient bruit de fond, circulation où le culot et le slalom semblent être les règles principales, après la taille du véhicule: le plus gros a la toujours la priorité sur les innombrables deux-roues. Les carrefours sont à prendre en diagonale, les feux n'existent pas, pas plus que les sens interdits, mais l'avertisseur est à utiliser en permanence, pour prévenir de son arrivée ou « négocier » un carrefour.

Une ville bruyante, vivante, animée par les sollicitations adressées à tout étranger de passage, ou pas. Des plus innocentes, comme ces étudiant(e)s qui rôdent, chaque week-end, autour du Hồ Hoàn Kiếm - "lac de l'épée restituée", à la recherche de quelques moments à discuter de tout et de rien, pour "pratiquer" leur anglais - ou leur français. Aux sollicitations des "xe om", motos-taxis, qui, assis sur leurs motos, les uns à côtés des autres, attendent le client, et demanderont tous, sans exception, l'un après l'autre, si, par hasard, "motorbike sir?". Ou encore au ballet des rabatteurs, vendeurs de cigarettes, de cartes postales, de bananes, de cartes routières, de marijuana, de guides de voyage, de climatiseurs, de t-shirts, de filles, de téléviseurs, de briquets, tous à l'affût de quelques đồngs, dans cette ville à taille humaine, qui met bien rapidement ses visiteurs sur la défensive, attitude qui laisse petit à petit place à bien d'autres comportements, d'assurance à décontraction et repères. Avec ces exceptions, l'impression d'être bêtement humain, juste bête, ou de se retrouver face à mon égoisme, quand je comprendrai, beaucoup trop tard, ce que voulait cette jeune fille, tremblante des pieds à la tête, qui me tendait, dans un bégaiement incompréhensible, un paquet de chewing-gums: simplement que je libère une pastille de ce paquet que ses tremblements ne lui permettaient pas d'ouvrir.

Plus on voyage au loin, moins on se connait, sans compter ce côté fascinant dans l'air d'Hanoï, quelque chose que je n'arrive pas encore à cerner précisément, quelque chose d'impalpable et d'imprévisible, à l'image d'un climat aux variations extrêmes, de ciels blancs, humidité à 100% qui en rend impossible la prise de notes au crayon, brouillard dense, bruine, nuits pluvieuses avec ou sans orages déchaînés, à des journées d'ensoleillement digne d'une plage thaïlandaise. Des variations de plusieurs dizaines de degrés du jour au lendemain, auxquelles personne ne semble vraiment s'accommoder, pour preuve, parfois, sur les terrasses des cafés, un concert inhabituel de mouchoirs, reniflements, raclements de gorge et autres crachats, à l'unisson.

Mais les premières gouttent tombent.. Immédiatement, les baches sont de sortie, les motos sont rentrées, les rues se vident, là, une porte, enfin, un couloir sombre, à l'entrée, un vendeur de cigarettes, un mur sali par l'humidité et la pollution, un post-it "café ->", une cour remplie de motos, un second couloir, avec vue sur un appartement toujours ouvert, puis, un petit patio-parking, encore un couloir, une cour fleurie, un escalier en colimaçon, un temple, un appartement, un restaurant, et là, un jardin suspendu, une terrasse surplombant les toits, quelques chaises, quelques tables, et un cà phê, un des ces quelques restes visibles de l'occupation française, avec, entre autres le pain, la vache qui rit, les larges avenues du quartier français, les librairies francophones, l'alphabet latin mais hérissé d'accents, pour les six intonations propres à la langue. Bref, du café sous toutes les formes, brûlant mais plus souvent bu froid, toujours noir et très fort, parfois adouci avec du lait frais, ou avec une couche de lait concentré sucré stagnant tranquillement au fond du verre, attendant d'être melangé - le fameux cà phê sữa đá.. addictif.

Verre vide, tressaillement, deux sonneries, je décroche, c'est l'intermédiaire qui s'occupe d'une nouvelle extension de visa, oui, passeport à récupérer dans une semaine, oui, six mois renouvellables, oui, à entrées multiples, je passerai vous voir d'ici là, cam on. Inévitablement, penser à ce billet d'avion, ce billet non modifiable, expirant dans moins de 48 heures, destination cette chère vieille Europe, mais.. tiens.. cette mélodie me dit quelque chose..



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